On dit souvent que la vie est parfois bien faite. Soit. Certains ont la certitude que le hasard est omniprésent tandis que d'autres ont l'affirmation qu'il n'est qu'illusion. Chimère d'un livre dans lequel tout est déjà écrit. Ma philosophie me pousse à la rationalité. Fendue en deux par la persuasion que le hasard existe et l'illusion de ce qu'il peut être et représenté. Je crois surtout qu'à toute distorsion, une explication s'y dissimule et s'explique, par théorème mathématique, philosophique ou littéraire soit-il. Le présent, le hasard, l'avenir, le futur ou le passé, s'entrechoquent au quotidien par conscience ou inconscience. Entités aussi microscopiques soient-elles qui nous composent, composent nôtre être entier; et nous offrent ces "moments", "instants" d'inexplicables. Parce qu'on a tous eu à un moment T dans un instant D, le sentiment intérieur, la sensation interne exprimé en simultané par l'externe ou non, de quelque chose qui nous échappe. Qui dépasse les limites du conventionnel, des bornes que l'on nous a institué. De cet indéfinissable qui nous glisse entre les mains et frôle avec une étonnante et déconcertante assurance notre esprit, inconscient et subconscient. Alors certes, le hasard n'est peut être pas aussi magique que les contes de fées veulent bien nous le conter; et la vie écrite aussi clair que de l'encre de chine sur du parchemin; mais lorsque les deux se mêlent et s'emmêlent, il en ressort le fait vérifiable d'une explication aussi peu rationnelle soit-elle, pour celui ou celle qui le vivrait ou l'analyserait du point de vue de sa réflexion. Hasard ou non, peu importe ce que cette entité représente, aussi infime et virtuelle soit-elle, elle m'a permit de vivre à trois reprises avec une exactitude surprenante une même situation à quelques mois, semaines d'intervalles. Comme pour me faire prendre conscience de la réalité des faits et de la chose. Parer mon subconscient de ce qu'il voulait bien me faire croire et voir. Nous sommes fin août, le frères et les soeurs de la famille F. se retrouve à l'aéroport Charles de Gaulle pour accompagner l'une d'entre elle, profiter d'elle durant toute une après-midi avant de la voir s'envoler à l'autre bout de l'Hémisphère. Rien ne surprend, puisque ce n'est pas la première fois. Le cap de cette multitude de sentiments qui peuvent vous submerger la premier fois ne l'est plus lors de la seconde fois. Ne reste alors qu'un tas d'interrogations, dont la plus omniprésente reste encore de loin le; à quand la prochaine fois ? Parce que c'est un fait avéré et vérifié; à tout départ il y a un retour. Nous sommes début décembre cette fois ci, je n'étais pas censée l'accompagner et pourtant. Elle est partie de son côté et moi du mien. J'étais censée aller en cours; censée oui. Mais lorsque vous vous retrouvez dans le rer assise face à de parfaits inconnus et que vous n'êtes plus maitre de ce qui se trame dans vôtre tête, vôtre être tout entier et ne maitrisez plus une once de ce que vôtre intérieur exprime à l'extérieur; alors l'inexplicable vous gifle de plein fouet. Vous sentez vôtre corps s'enfoncer dans ce siège, vous observez défiler toutes les stations, la vôtre y comprit pour finalement ne descendre qu'à la dernière. Courir et traverser tous ces halls en prenant conscience au fur et à mesure que vous avancez, dépassez tous ces comptoirs, ces valises, de ce qui se passe réellement. De l'ampleur de la vérité qu'avait tenté en vain depuis tout ce temps de vous dissimuler votre subconscient. Je me suis alors retrouvée avec exactitude au même endroit quatre mois plus tôt. Détail changeant et qui n'était pas des moindres, cette fois-ci ce n'était pas elle que j'envoyais à l'autre bout du monde, mais Elle. La souffrance de la réalité est telle qu'on ne peut s'imaginer une suite, une boucle qui se boucle et repart pour un tour. Et pourtant; hasard véritable ou non, deux semaines plus tard, je me suis à nouveau retrouvé dans cet aéroport, même hall, même siège, même comptoir, à le mettre Lui, à son tour dans l'avion. Même destination, même bout du monde à des heures de décalages de cela, à la symétrie parfaite de l'équateur. La réaction ne fut donc pas, puisque le subconscient ayant était supplanté, ne demeure plus que le néant. Le vide dans toute sa grandeur. Le vide de l'incompréhensible. L'incompréhension de ne pas comprendre comment on peut vivre avec autant de similitudes une situation trois fois de suite. Une chose est certaine, si cela à des inconvénients; cela apporte aussi une éternelle remise en question, interrogation aussi philosophique, spirituelle soit-elle, une ouverture d'esprit, une quête infinie dans la recherche de l'indescriptible, l'indéfinissable; que d'avoir sa famille aux quatre coins du globe. Un mode de vie qui nie la simplicité au profit de la complexité, mais qui m'est pour ma part nécessaire, vagabonde comme je suis.