22:04_Et j'attends. Sur ce quai d'gare imaginaire. Attends que la voix d'la dame veuille bien retentir dans ce grand hall vide, pour venir mourir au creux d'mes oreilles. Attends qu'elle daigne l'annoncer. Pour qu'enfin je puisse monter à bord. A quand l'prochain train ?

22:04_Et j'attends. Sur ce quai d'gare imaginaire. Attends que la voix d'la dame veuille bien retentir dans ce grand hall vide, pour venir mourir au creux d'mes oreilles. Attends qu'elle daigne l'annoncer. Pour qu'enfin je puisse monter à bord. A quand l'prochain train ?
Parce qu'inconsciemment il me vole mes mots. Me les dérobe au détour d'un baiser. Les attrape. Les avale. Les savoure au fin fond d'son estomac noué par l'Amour. Parce qu'ils s'envolent. Disparaissent de mon vocabulaire en une fraction d'seconde. Lorsque mes yeux osent s'aventurer et viennent se poser sur son visage. Observent. Et croulent. S'évanouissent sous ce sourire. Qu'il m'envoie comme un boomerang à la figure. Qui me fait tourner la tête et perdre ce que j'ai d'plus cher en dehors de lui. Mes mots. Ces foutus mots.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 22 mai 2008 16:10
Modifié le jeudi 22 mai 2008 16:20

18:17_Ces p'tits moulins dans ma tête. Toujours un petit je ne sais quoi.

18:17_Ces p'tits moulins dans ma tête. Toujours un petit je ne sais quoi.
Un bol de mots. Avalé. Ingurgité. Digéré. Au fin fond d'mon estomac noué. Oui noué. Comme un paquet cadeau. Dont le ruban serait ses mains. Et l'emballage son sourire. Des mots. Toujours des mots. Et parfois même des mots et des maux. Une soupe de mots déversés sans retenue. Je l'ai senti envahir ma bouche et glisser à l'intérieur. Tout doucement. Délicatement. Savoureusement. Comme j'ai senti ses yeux malicieux derrière moi. Dans mon dos. Ecouté sa voix me susurrer que non. Qu'il n'y avait rien de particulier en ce samedi dix mai deux mille huit. Non rien de rien. Que pouvait-il bien y avoir ? Le sourire au coin des lèvres. Je n'ai rien dit. Parce qu'il n'y avait pas besoin. Il le savait déjà. Je l'savais déjà. On l'savait déjà. Oui. Il savait parfaitement qu'en ce samedi dix mai deux mille huit, cela faisait six mois. Six mois déjà. Six mois qu'il avait tenté le pari fou. Un certain samedi dix novembre deux mille sept de prendre sa voiture et de parcourir ces kilomètres. De venir m'attendre dans ce magasin. Perdu au milieu de ces livres. De cette foule. Le sourire aux lèvres. Et moi. Les yeux pleins d'larmes. Encore embués de la dure nuit qui venait d'filer. Oui. Déjà six mois. Six mois qu'on tient l'pari fou de dire. De Montrer. A eux. Lui. Elle. Toi. Vous. Quiconque. Que l'amour n'a pas de limite. Et avant tout. Qu'il n'a pas d'âge. Que ce sentiment qui propulse un être au plus haut et peut aussi paradoxalement le descendre au plus bas. Se lie avec le mot liberté. Il s'en souvient. Je m'en souviens. Oui on s'en souvient. Il y a six mois. Personne n'aurait parié. Tout l'monde en rigolait. Presque. C'était risible et utopique. Comment une jeune fille de dix sept ans et un jeune homme de trente ans pouvaient-ils croire en une relation. Un amour ensemble. Croire en un Nous. Et pourtant. Le bord de mer. La plage sur laquelle nous marchons main dans la main depuis six mois est toujours aussi belle. L'étendue de sable s'étend à perte de vue. La fin de celle-ci ne se dessine pas encore au loin. Bien sûr qu'il y a eu des marées hautes. Des marées basses. Oui mais voila. La mer ne nous a jamais submergé. Englouti. Aspiré. Non. Jamais. Juste éclaboussé. Histoire de nous rafraichir un peu. De nous faire sursauter. Que je m'jette dans ses bras et qu'il me fasse tourner au gré du vent. Avec cette odeur si prenante de l'océan. De la marée. Qui s'engouffre dans nos poumons pour nous faire vivre. Le doux bruit des vagues au creux de nos oreilles. La force de celles-ci dans nos corps. Et le calme de la plage de sable fin dans nos coeurs. Mes pieds frôlent le sable. Ma main retrouve la sienne. Et nous voila repartis. Laissant s'enfoncer comme deux enfants nos pieds dans ce sable froid. Laissant dernières nous ces traces qui resteront et resisteront contre vents et marées. Tempête et raz-de-marée. Parce qu'avec nous, les "principes de bases" sont bousculés. L'on n'doit plus être ainsi. Faire ça. Et avoir tel âge. Pour aimer. Rencontrer l'Amour. Le vrai. Non. Tout comme nous prouvons. Que contrairement à ce que certains pensent ou disent. Non le chiffre treize ne porte pas malheur. La preuve. La roue tourne. A tourné. Et le numéro gagnant fût celui-ci même. Aujourd'hui. Ce que j'sais. C'est qu'on a fait les courses. Que le placard de la cuisine. Le grand. En haut. Au dessus du plan d'travail. Il est rempli de briques de soupe. Attendant. Sagement. D'être verser dans nos deux bols. Avant de pouvoir se déverser avec force et douceur dans nos deux corps. Jusqu'à nos coeurs. Et s'abandonner à cette saveur si envoutante et délicieuse.
# Posté le samedi 17 mai 2008 12:52
Modifié le samedi 17 mai 2008 14:06

21:35_Finalement. Pour une fois. J'aurais peut être préféré n'pas savoir.

21:35_Finalement. Pour une fois. J'aurais peut être préféré n'pas savoir.
Je crois qu'on appel ça la Nostalgie du Bonheur.
Oui. Ca va.
# Posté le mardi 13 mai 2008 15:36

20:32_Le vent tourne et le chemin devient incertain. Mais la vie reste belle. Malgré tout. Malgré son acharnement.

20:32_Le vent tourne et le chemin devient incertain. Mais la vie reste belle. Malgré tout. Malgré son acharnement.
.

On voudrait pouvoir mettre des mots sur tout. Tout. Tout ce qui nous entoure. Nous arrive. Oui. Mais parfois c'est impossible. Soit parce qu'on ne le pourra jamais. Soit parce qu'il est encore trop tôt. Trop tôt pour le faire. Ça fait trois ans cette année. Oui. Il y a trois ans. Du jour au lendemain. Le temps s'est arrêté. Une fraction d'seconde. Le vent à tourné. Et l'chemin est devenu incertain. Cabossé. Certains qualifient cela d'un saut sans parachute. D'un changement à trois cent soixante degrés. Je dirais juste. Qu'il m'aura fallu trois ans pour trouver les mots. Arriver à en parler. A le raconter. L'expliquer. Mais oui. Ce fut un saut sans parachute. Un arrêt cardiaque sans préméditation. A la suite duquel. Certains crieront à l'injustice. Et moi à la destinée. On n'choisit pas. Malheureusement. On subit. Les aléas d'la vie. Point. Oui. C'était un jeudi du mois d'Mai. Je m'en souviens. Je n'avais pas cours l'après-midi. Le soleil et la chaleur s'étaient installés depuis plusieurs semaines. Ça sentait bon l'été. J'ai traversé l'marché sur la place, juste en bas du lycée. Humé ces odeurs de melon. De lavande. D'olives. Qui se mélangeaient pour le plus grand plaisir des mes sens. J'ai longé cette rue. Tourné dans celle-ci. Puis dans celle-là. Me suis arrêté a ce feu. Puis traverser. Je m'revois encore. J'entends encore mes pensées intérieures. Je sens encore le soleil cogner contre le grain de ma peau. J'ai les cheveux détachés. Non attachés. Je sais plus. Je sais juste que j'ai l'sourire. -Pour l'instant- . Parce que ma matinée s'est bien passé. J'ai vu ces visages au détour d'un cours. D'un couloir. Des escaliers. Sur la passerelle. Dans la cours. Rien d'bien extraordinaire. Mon quotidien de lycéenne. Mais qu'est ce que je l'aime. Des choses simples. Des fous rires. Des sourires. Des "Bonjour". Des petits racontages. Oui. Tout ça se repasse dans ma tête, comme un film en boucle. Au moment ou je m'arrête à ce feu. Avant de traverser et de longer cette rue jusqu'à ce cabinet. Ou sans le savoir dans quelques minutes ma vie basculera à jamais. C'est étrange et marrant à la fois. J'étais là. A attendre que le petit bonhomme passe au vert. Regardant les gens autour de moi. Comme d'habitude. Le sourire aux lèvres. Pensant a tout un tas de trucs. Tout et n'importe quoi. Oui. Pensant à tout sauf à ça. Me disant intérieurement qu'la vie est belle, sans même songer un seul instant qu'une fois cette rue traversée, puis longée. Une fois rentrée dans ce cabinet. Face à elle. Mon discours changerait radicalement. Vert. Il est vert. Je traverse. Longe la rue. Tourne a droite. Monte les quelques marches. Entre. La retrouve dans la salle d'attente. M'assoie. Et attends. Attends sans le savoir, qu'elle m'annonce le début d'la fin. Mais je reste là. Assise sur cette chaise. Le sourire est toujours là. Et encore plus. Je regarde cette petite fille jouer devant moi. Les autres sont perdus dans leurs pensées. Ou dans leur livre. Dans les magasines. La salle est pleine. A croire décidément que le mois de Mai est propice aux maladies. Une porte s'ouvre. J'entends l'parquet qui grince. Je l'aperçois dans l'ouverture de la porte. Elle me regarde et appelle mon nom. On s'lève et se dirige vers son bureau. Puis se rassoie. Elle a des papiers devant elle. Sur son bureau. Surment les miens. Oui. Elle me le confirme. Ceux sont les miens. Il s'agit des résultat du labo. De la prise de sang d'hier. Des douze tubes qu'il m'a fallu remplir. Avant de m'évanouir en me levant. Je la regarde. Elle a la tête baissé. Regarde ces papiers. Tous ces chiffres incompréhensibles. Elle dit rien. Mais au fil des minutes qui me paraissent interminables, je comprends vite que quelque chose ne va pas. Elle cherche ses mots. Les bons. Mais c'est dur. Comment ? Comment faire comprendre à une jeune fille de quinze ans qu'elle est différente. Différente des jeunes filles de son âge. Différente des millions de personnes qui peuplent la France. Différente des milliards de personnes qui peuplent cette Terre. Comment ? Comment annoncer à une jeune fille de quinze ans, qui rentre dans votre bureau, le sourire au coin des lèvres, qu'elle à plus de chance que la moyenne, de mourir demain. Comment ? Sa y est. Elle ose enfin lever les yeux. Me regarde. Perçoit que son silence a aspirer en un rien de temps mon sourire. Elle n'a encore rien dit mais elle s'en veut. Ca se voit. Se lit sur son visage. Dans l'expression de ses mains. Sa bouche s'entrouvre. Quelques mots. Quelques phrases. Sa y est. Le départ est lancé. L'explication se délie. J'dis rien. L'écoute. Elle est toujours là elle aussi. A mes côtés. Elle comprend. Comprend ce qu'elle me dit. Et pour la première fois. Elle voit que je comprends. Oui. Parce qu'avant. J'avais pas compris. Je pouvais pas comprendre. J'étais trop petite. A cinq ans on comprend pas. Non. On comprend pas les mots des grands. Les mots " globules blancs " . " Globules rouges ". " Maladie sanguine " . " Origine inconnue ". " Pas de traitement ". Non on comprends pas. Pourtant je l'avais écouté à l'époque le monsieur. Mais non. J'avais pas compris. J'avais juste compris ces mots à elle. Sa phrase. " C'est rien. T'en fais. Ne t'inquiètes pas ma puce. " J'avais compris ces mots là. Parce que ces mots font partis du vocabulaire d'une petite fille de cinq ans. Voila tout. Il me faudrait encore attendre. Attendre quelques années pour les comprendre. Avoir a nouveau une explication, que mon cerveau puisse analyser et ait les capacités de pouvoir interpréter à sa juste vérité. Oui mais voila. Aujourd'hui. Ce jour là j'en avais quinze. Dix de plus. Et ce n'était pas les mêmes mots. Parce que dans une même histoire, il y a plusieurs chapitres. Et même si parfois, certains se ressemblent, ils peuvent aussi être différent. Ou complémentaire. Et dans certains cas, le "malheureusement" est de rigueur. Pour ma part. C'est l'cas. Alors oui. Cette fois-ci. J'ai compris. Compris les mots. " Deuxième maladie sanguine " . " Génétique ". " Sans traitement " . " Restrictions, interdictions, attentions " . Et puis pleins d'autres. Mais mon cerveau ne s'en souvient plus. Parce que de ces paroles, il n'en a retenu que deux. Deux dont il a compris instantanément la signification. " Attaque cérébrale " " Attaque cardiaque ". Et elle l'a bien comprit elle aussi. Elle n'a pas eu besoin d'en dire plus. L'expression de mon visage ne pouvait pas être plus explicite. Je revois l'expression du sien à la suite du mien. Sa voix qui s'arrête. La regarde et entend celle intérieurement me dire " Désolé. " . Me demander " Pardon ". Mais j'peux pas. J'y arrive pas. Non. Je peux pas lui pardonner. Parce que pour lui pardonner il faudrait d'abord que je lui en veuille. Or ce n'est pas le cas. Non. On n'peut pas en vouloir à une personne qui fait son travail. Elle est médecin oui. Et son métier et de guérir des gens. Sauver des vies. Mais je crois que pour la première fois, sa carrière vient de prendre un tout autre tournant. Parce que pour la première fois, elle sait qu'elle ne pourra rien pour moi. Qu'elle ne pourra écrire aucune ordonnance à mon nom. Et elle s'en veut. S'en veut de n'pouvoir accomplir son métier avec moi. Mais moi je n'lui en veux pas. Parce que dans un sens elle l'a accompli son métier. Elle a eu le courage de dire ces mots. D'oser les prononcer sans détournements. Et même si l'issue en est malheureuse. Je m'dois de la remercier. Et c'est je crois. Le premier mot qui sortit de ma bouche après un long silence. Oui. Je n'lui avait encore rien dit, depuis que j'avais franchi le pas de son bureau. Et je me retrouvais là. A la regarder. Déboussolé mais à moitié consciente. A lui dire " Merci ". Ca l'a perturbé. Je m'en souviens. Elle s'attendait à tout. N'importe quoi. Des pleurs. Des insultes. Tout. Sauf à un " Merci ". Et à vrai dire moi aussi je m'attendais a tout. Sauf a ce qu'elle m'annonce cela. Alors ce n'fut qu'un simple retour d'ascenseur comme on dit. La suite ? C'est flou. Je n'sais plus trop. Il y a eu encore des mots. Des phrases. Ce que je sais. C'est quand ressortant de là. Tout était différent. C'est étrange à expliquer. Mais rien n'était comme avant. Et dorénavant. Plus rien ne le serait. Je m'souviens avoir fait nuit blanche le soir même. Pour la première fois. En pleine semaine de cours. Nuit blanche à ressasser ces mots. A tenter de comprendre ce qui s'était passé durant ces quinze dernières années. A comprendre ce que la "vie" signifiait réellement. Oui. Comprendre. Aujourd'hui, j'en ai dix huit. Et cela va faire trois ans. Cela fait trois ans ce mois-ci. Trois ans que ma vie a prit un tout autre tournant. Trois ans durant lesquels j'ai appris à vivre au jour le jour. Pleinement et sans retenu. Appris le sens véritable de ce que voulait dire cette phrase. " Ne jamais remettre à demain ce que l'on peut faire aujourd'hui. " Parce qu'on n'sait pas de quoi est fait demain. Parce qu'on n'peut pas prévoir l'imprévisible. Anticiper à l'avance. Non. On peut pas. Alors oui. J'ai appris à vivre des bonheurs les plus simples. Appris à ne plus avoir de regrets. Appris à apprendre aux autres a être traiter comme n'importe quel être humain. Leur ai appris à ranger d'côté leur compassion et leur pitié. Leur ai appris à relativiser. Qu'il y a toujours bien pire dans la vie qu'une mauvaise note, qu'un refus ou autre banalité de celle-ci. Leur ai appris a savourer, profiter de la vie à sa juste valeur. Bien sûr que c'est pas facile. Loin d'être simple. Bien sûr que j'ai eu peur au début. Peur que tout s'arrête subitement. D'un coup. Du jour au lendemain. Peur de n'pas réussir a faire tout ce que j'avais espéré. Rêvé. Eut envie. Bien sûr que j'en ai souffert. Pleuré. Haïs la vie. Voulu à la terre entière. Mais voila. On apprend avec le recul. On apprend que cela ne sert à rien. C'est ainsi point. La destinée en a décidé ainsi point. Alors j'accepte et j'souris. Parce qu'à côté de ça. La vie m'a fait de merveilleux cadeaux. Et elle m'en fait un chaque jours en m'permettant de pouvoir encore un jour de plus profiter d'elle =) . Putain oui. Regardez autour de vous. Observez. Savourez. Profitez. Vivez !

Oui je vous assure. La vie est belle =)
# Posté le jeudi 01 mai 2008 14:49
Modifié le mercredi 14 mai 2008 15:06

21:30_Parce qu'à présent. Montmartre sans lui. Ce n'est plus Montmatre. Un rêve de p'tite fille que le petit garçon qu'il est, caché dans ce grand corps d'homme; a rendu possible et inoubliable. Il est tard. Vraiment tard. Cette grande Dame est derrière nous. Paris en face. A nos pieds. Et nous sommes là. J'ai l'coeur qui bat. Et ma petite main froide plongée dans sa grande main chaude. A c'moment précis je m'souviens. Et m'en souviendrai toute ma vie. De m'être dit. Putain. La vie est belle. Sacrément belle. =)

21:30_Parce qu'à présent. Montmartre sans lui. Ce n'est plus Montmatre. Un rêve de p'tite fille que le petit garçon qu'il est, caché dans ce grand corps d'homme; a rendu possible et inoubliable. Il est tard. Vraiment tard. Cette grande Dame est derrière nous. Paris en face. A nos pieds. Et nous sommes là. J'ai l'coeur qui bat. Et ma petite main froide plongée dans sa grande main chaude. A c'moment précis je m'souviens. Et m'en souviendrai toute ma vie. De m'être dit. Putain. La vie est belle. Sacrément belle. =)
La vérité réside en ce point. La clef de notre vie n'est autre que notre cerveau. En particulier notre mémoire. Sans elle nous ne sommes rien. Oui. Car si vous êtes dénué d'elle. Comment pouvez-vous prétendre être la personne. L'individu. L'être que vous êtes si vous ne le savez pas vous même ? Impossible. Votre mémoire et le point de départ de votre vie. De nos vies a chacun de nous. La première étape. Une mémoire qui joue un rôle important. Qu'on ne métrise pas toujours. Voir jamais. Parce qu'elle est autonome. Autonome oui. Mais influencé par nous même. Notre esprit. Notre caractère. Voila pourquoi. Elle en devient sélective. Parce qu'elle fait des choix. Et que nous sommes les premiers à l'y aider. Ne vous êtes vous jamais posé la question. La réflexion. De savoir pourquoi l'on se souvenait plus de ça que de ça ? Pourquoi l'on voudrait oublier ceci à cela ? Pourquoi l'on a oublié ça et pas ça ? Etc. Nous sommes tous pareils. Fonctionnons tous ainsi. Et prononçons tous cette phrase. Pour laquelle ensuite. Chacun se différencie en apportant sa propre réponse. Son propre vécu. Alors oui. Te souviens tu... ? Oui je m'souviens. Me souviens de ces après-midi ou il est venu me voir. Où sous une pulsion. Une envie. Il a pris sa voiture et a parcouru ces centaines de kilomètres qui nous séparent. A ma plus grande surprise à chaque fois. Pour mon plus grand plaisir. Ma plus grande joie. Oui je m'souviens de ce jour ou l'on s'est retrouvé devant cette porte. Ou il m'a regardé avec un grand sourire et sans rien dire, a enfoui ces clefs dans ma main. En m'disant. "C'est aussi chez toi à présent". Oui je m'souviens de ce moment où la porte s'est ouverte. Où je suis rentré. Ai entendu cette douce musique. Puis ai ouvert cette autre porte devant moi et ai découvert ceci. Un appartement vide. Il n'y avait rien. Ou juste ça. Cette petite table en plein milieu du salon. Avec sur celle-ci ces quelques bougies disposé en forme de coeur. Une surprise. Encore une. J'en aurais pleuré durant la nuit entière. Tellement la romantique que je suis en avait rêvé une fois, en espérant comme une utopiste que cela arriverait un jour. Sans vraiment y croire réellement. Oui j'en ai eu le coeur retourné. Et gros comme ça. Oui je m'souviens de ce jour. Mon anniversaire. Il est 12h15 et je sors des cours. Suis censé attendre mes parents. Qui n'arriveront jamais. Et le vois lui. Censer être à l'autre bout de la France en déplacement professionnel. Et j'y avais cru. Mais il est là. A quelques mètres de moi. En joli costume. Avec ces 18 belles roses rouges. Et ce sourire. Et moi je suis là. De l'autre côté de la route. Habillé en lycéenne. Converses bariolées. Pantalon avec robe par-dessus. Veste a pois. Et sac à dos re-décoré par mes soins. Et moi je suis là ainsi oui. Oui mais. A nouveau le coeur gros comme ça. Les larmes aux yeux. Et cette phrase qui tourne en boucle depuis que le lecteur s'est mit en route tout seul. "Non c'est pas possible, c'est pas possible". Oui je m'en souviens de ce jour. Cette soirée. Ou il est venu me chercher à l'aéroport. De retour de Roumanie. Me ramène à l'appart'. Chez nous. Quelques instants plus tard on est là. Allonger dans les bras l'un de l'autre. Dans le noir. Avec pour seul éclairage, celui de la ville qui arrive des deux fenêtres et inonde la pièce de multiples reflets. Avant de m'rejoindre il a appuyé sur quelques boutons du juke-box. Je sais pas ce qu'il a mit. Mais je vais pas tarder à le savoir. Je sens son coeur battre contre le mien, tellement il me sert contre lui. Je sens son souffle dans mon cou. Ses bras qui m'entourent. Sa petite voix qui me murmure " Tu m'as tellement manqué " . Et puis soudain. Juste après. J'entends cette voix. Qui commence à s'évader de ce juke-box. Jacques Brel. J'ai les larmes aux yeux. Non je pleurs. Oui je pleurs. Et l'sers de plus en plus contre moi. Et je m'entends lui murmurer entre deux ruissèlement sur mes joues. "Oui. Tu m'as tellement manqué à moi aussi. " Oui je m'en souviens. Me souviens de ce jour. Ou il m'a emmené dans Paris. M'a fait parcourir toutes ces rues. Au point de me perdre. Moi. Mais pas lui. Jusqu'à Cette rue. On s'arrête. Je sens sa main qui sert la mienne. Je comprends pas. Le regarde et l'entends me murmurer "On est arrivé". Un sourire de satisfaction et d'attente de réaction sur son visage. Impatient. Mais je comprends toujours pas. Mes yeux scrutent la rue de long en large et en travers. Jusqu'à ce qu'ils se posent là-bas. Sur cette foule. Remontent et lisent ces quelques mots. "Théâtre de la Michodière". Cette fois ci. Mon coeur n'était pas gros comme ça. Non. Mon coeur s'est éclaté. La plus belle de toutes les surprises qu'il m'avait faite alors jusqu'ici. Parce qu'il le savait oui. Connaissait ma passion pour les planches. A quel point cela me manquait d'y etre. De les fouler. De n'pas me trouver sur ce siège. Mais sous la lumière. Face à ceux-ci. Oui il le savait. Ce manque terrible qui me bouffait au fond. Cette passion. Une passion refoulé après un évènement. Un fossé creusé au fil des années après cela. Entre elle et moi. Alors oui. Intérieurement j'en ai pleuré. Pendant des heures. Des jours. Avant. Pendant. Après. Tout le temps. Parce qu'il m'a offert la plus belle des réconciliations entre ces planches et moi. Cette passion et moi. Oui je m'en souviens. Parce que ce jour là. A ce moment là. Je l'aurai épousé sur place si j'avais pu. Oui je m'en souviens... Et me souviens de tellement d'autres petits détails. Parce que pour moi. La simplicité des belles choses fait toute la différence.

# Posté le mercredi 23 avril 2008 15:35
Modifié le dimanche 27 avril 2008 04:29

Liens promotionnels