Je me surprends ces derniers temps à fuir. Mais en réalité, n'ai-je pas été constamment en train de fuir depuis le début ? Un sentiment et une expression physique renforcés par ce savoir. La fin est proche. Et cette dernière me pousse sans cesse à ne plus me sentir chez moi nulle part autre que la-bas. Me propulse à fouler le sol de cette gare. Faire la queue dans ce tracé et regarder celui qui se trouve derrière la vitre tapoter sur son clavier ma délivrance. Le regarder être complice de ma fuite. Un peu plus d'avantage à chaque fois. Une fin qui me pousse à la moindre occasion à reproduire le même plan de fuite. Combien de fois ai-je décidé en plein milieu de la matinée, de l'après-midi, en plein cours d'histoire ou de philo; de fuir. Courir jusqu'à avoir ces billets et sauter dans ce train quelques heures plus tard. Je fuis à la recherche de cet ailleurs. De ce sentiment qui m'anime dans cet engin. Attraper le sourire aux lèvres cette enveloppe toute déchirée puis y fourrer une fois de plus ces billets. Le tas s'amoncèle. Mon Amour Sncf se résume à cette enveloppe. Cette enveloppe qui se détériore de voyage en voyage. Mais qu'importe. La structure demeure. Engloutissant ces quelques soixante billets et plus. Le tout a la taille d'un livre. Une somme astronomique au fond, au bout de plus d'un an et demi. Mais l'amour n'a pas de prix dit-on. Encore moins celui-ci, l'Amour Sncf. L'erreur est humaine Woody certes. Mais dans ce cas si celle-ci devait en être une, alors elle en serait la plus belle de toute. Mais non je ne suis pas seule à être dans cet Amour Sncf Stéphanie, nous sommes les deux seuls. Alors oui je profite de cette insouciance et de ce bonheur que de pouvoir vivre dans l'instant et décider avec tant de liberté ce que je veux faire dans l'instant d'après. Une soif de liberté accrue par ces pulsions qui m'animent au quotidien. Me font vivre. Respirer. Me sentir vivante. Vivante d'amour. De vie. Je ne suis qu'une vagabonde qui aime la vie et ne se sent bien que dans cet amour sncf et autre objet, moyen de fuite. Une vagabonde qui à trouver son vagabond. Son complice et compagnon de fuite. Te souviens tu ? C'était hier. Nous débarquions de l'avion. Débardeur et tongue sous ce onze degré de Paris. Assis dans cette immense salle d'aérogare à attendre encore trois longues heures avant de prendre le train. Nos regards fixés sur ce gigantesque écran ou défilent toutes les destinations possibles et inimaginables du monde entier. A peine débarqué, le regarder et se demander ou partir après ? La Nouvelle Calédonie ? La Thaïlande ? Le Canada ? Les semaines ont filé et le projet c'est peu à peu mis en place sous une envie oppressante de repartir au plus vite et toujours plus loin. Le tout jusqu'à aujourd'hui. Hier. Ces derniers jours en soi. La décision est prise. Les détails n'attendent qu'à être finalisés. Dans moins de trois ou quatre mois, le Canada nous tendra les bras pour trois longues semaines minimum. On en à parlé. Y a pensé et le fera. L'attente sera longue d'ici là. Mais passera tellement vite, une fois les billets en main. Et puis, le jeu en vaut la chandelle dit-on.