Alors c'est ainsi. C'est ainsi que cela doit se passer. Vous sur le quai et moi dans ce train. C'est bien connu, même si on peut uniquement prendre un aller ou bien un retour, bien souvent l'on demande un aller-retour. Cette fois-ci j'en ai demandé un. Mais ce dernier et effectif ce soir. La gare est pleine à craquer. Les gens fourmillent de part et d'autre. Ca cris. Chante. Hurle. Cours. Parle. Embrasse. Enlace. Repousse. Pleure. S'en va. Les signes se font et ne se défont pas. Plus. Postés dans leur costume gris, casquette visser sur la tête, le bras levé ils sifflent. Un coup de sifflet net et précis qui raisonne de longues secondes encore dans le hall de la gare. Les portes se referment d'un geste machinal comme on claque une porte de chez soi, du magasin, de la fac. La séparation est ainsi officialisée. Séparation entre vous et moi. Ce n'est pas une fin, puisqu'il y a aller-retour dans mon petit étuis de la Sncf. Il s'agit juste d'une pause. Une pause de ce livre virtuel que je vous écris. Pause d'une durée modifiable. Variable. Le train ne reviendra pas en gare avant trois semaines. Peu à peu ce dernier s'éloigne de ce hall et de ces arcs en fer forgé qui le dessine. Le rail du quai se vide de celui-ci. La vitesse augmente un peu plus d'avantage. Direction les examens.