23:09_Peut-on autant aimer à ce point ouvrir les yeux de petits gamins comme cela ? Avide d'en savoir toujours plus. Une curiosité jamais rassaciée. Mon bonheur du jeudi matin. 9h-10h

23:09_Peut-on autant aimer à ce point ouvrir les yeux de petits gamins comme cela ? Avide d'en savoir toujours plus. Une curiosité jamais rassaciée. Mon bonheur du jeudi matin. 9h-10h
Il a dit cela ainsi. L'a annoncé de la sorte. Entre le fromage et le dessert dit-on. Une nouvelle inqualifiable bien que déjà entendue à de nombreuses reprises les années précédentes. Une nouvelle qui. Associée à l'adjectif "mauvaise" aurait eu l'effet à cet instant précis. D'une carafe d'eau qui se brise au contact du verre de la table. Un bruit strident. Des brides de verres qui s'éparpillent et s'amoncèlent. Sous l'eau qui se déferle. Se repend et avale tout sur son passage. Englouti le fromage justement. Celui là même qu'on venait tout juste de sortir. D'apposer si délicatement sur la table. Celui-ci si innocent. Si odorant. Oui mais. Une nouvelle qui. Associée à l'adjectif "bonne" aurait eu l'effet à ce même instant précis. Du couteau qui coupe délicatement un bout de comté. Où l'on entend juste le clac de la lame de celui-ci qui vient se heurter à la surface de l'assiette. Le dessert attendra. Trop de fois la carafe s'est brisée. Parfois pour voler en éclats. A travers la pièce. Sur elle. Sur lui. Sur nous. Bien trop souvent nous avons du la regarder faire sans bouger. Sans protester ni contester. Ni objecter quoique ce soit. Avions nous le droit au fond ? Nous n'avions pas le choix. Alors il en va de soit que tacitement nous n'avions pas le droit de même. Simple logique. Les morceaux ne pouvant être recollés. Chaque fois une nouvelle faisait son apparition au centre même de la table. Une carafe qui était devenue au fil du temps. Des années. Le fil conducteur de notre vie. C'était elle qui contenait chacune des nôtres. Qui en était maître absolue. Savait quand éclater et les déverser. Mais aussi transparente qu'une carafe de verre peut l'être. Remplie ou vide. On ne peut jamais deviner en la regardant. En l'observant, même minutieusement. Quand aller sèchement tomber la goutte qui déclencherait tout. Phénomène inversé du sablier infundibuliforme. Mais cette carafe contenait également notre crainte. Peur. Angoisse. Et tous les mots de la même famille si vous le souhaitez. Il n'y avait qu'à sortir les verres et mettre la table. Le reste. Elle s'en occupait. Mais ce jour là. Pour la première fois en dix-neuf ans. Le fromage se découpa. Se savoura avec délectation. La carafe ne bougea pas. Au contraire. On décida de la déverser. Nos verres se remplirent en guise d'explication. Alors la vie ne peut tenir qu'à cela ? Avoir la capacité de prévoir à l'avance un évènement pour ne pas en subir un tel autre par la suite. Notre vie futur. Ma vie calme et paisible intérieurement, futur ne tenait qu'à un nom. Une région du monde. Au large de Madagascar. Je devais m'y rendre avec bonheur. Avec plaisir et envie. Mais ce ne sera désormais plus le cas. Je sais que nous irons la-bas en pensant à cela. Je sais que cela m'obsèdera. De l'embarquement à la descente d'avion. Voir même jusque sous l'eau. A travers la forêt. N'aurai que cette nouvelle en tête. Savoir que nous avons "gagné" le large de Madagascar au détriment du Tchad. Avons "gagné" des vacances et les quatre prochains mois en famille au détriment d'une mission pour lui. Nous en voudront-ils ? Ne nous l'ont-ils pas déjà assez enlevé comme cela ? Ne l'a t-on pas assez envoyé aux quatre coins du monde comme cela ? Temps de guerre ou pas. Nous ne disons rien et n'avons jamais rien dit. Nous sommes resté passible pendant dix neuf ans devant cette succession de carafes qui se brisaient. Alors pour la première fois que l'on peut inverser les rôles. Et surtout. Pouvoir dire Non. Allons nous nous priver ? Le devrions nous ? Devrais-je me priver d'un père qui ne fut que bien trop absent. Qui cumula les absences à répétition. Parce que ca aussi il faut le vivre pour le comprendre. Et là déjà, le cercle se réduit d'un pas immense. Que devrais-je dire de toutes ces fois où vous nous l'avez substitué. Me l'avez substitué. Comme cela, du jour au lendemain. Alors même que je n'avais que deux ans. Six ans. Onze ans et dix sept ans. Devrais-je vous remercier pour cela ? On a beau grandir. Evoluer. L'âge ne change rien. N'arrange rien aux blessures les plus profondes. De l'argent ne comble pas le manque. Surtout quand il s'agit du manque de votre propre chair. De votre propre sang. Mais ca, rien ne changera. Votre système n'évoluera pas. Le métier passe avant tout. La Nation passe avant tout. La protection de celle-ci. De chacun d'entre vous qui la constituez, passe avant notre vie de famille. Tachez parfois d'y penser. De penser à ces Hommes avec un grand H qui ont accepté ou pas d'ailleurs ( car ce ne fut pas le cas pour lui. Pour le mien ) de mettre leur vie au service de leur pays. Quitte à tout perdre. Famille et vie. Quitte à faire passer son devoir avant tout cela. Certes les médailles sont belles. La fierté est là. Mais seulement. Celles-ci et cela ne remplaceront jamais l'attente interminable. Sans nouvelles. La peur saisissante qui vous noue la gorge et vous tord le ventre. L'incapacité grandissante à ne plus pouvoir allumer la radio. La télé. Dans l'angoisse d'entendre, d'apprendre, de voir ce que l'on redoute. Combien de fois l'ai-je entendu pleurer. Enfermée dans sa chambre. Vous ne pouvez imaginer ce que cela représente de mener une telle vie. D'écumer du jour au lendemain. De nuit. Les bases militaires. Aériennes. Pyjama ou pas. Endormie ou pas. Dire un dernier au revoir sans bien comprendre ce qui se passe. Surtout au début. Plus jeune. Dire un au revoir sans avoir un retour. Un au revoir à " je ne sais quand ". Non vraiment je ne souhaite à quiconque de le vivre. Parce que même s'il y a des avantages. Il y a bien plus d'inconvénients qu'on ne le pense ou ne le soupçonne. Comme accepter dans mon cas. Pour elle, d'être marier à un "fantôme" et pour nous. D'avoir été élevé finalement par elle uniquement. Mais la vie est faite ainsi. On née mais on ne choisit pas dans quelle famille. Dans quel contexte. Ce n'est pas à la carte comme au resto. Sinon ce serait bien trop simple pensez vous.

# Posté le jeudi 16 avril 2009 17:37

Modifié le jeudi 16 avril 2009 18:42

18:25_Je voudrais vous faire ce cadeau. En remerciement de vos mots. Tous ces mots qui ne cessent d'affluer depuis Cet article. Vous offrir en "exclusivité" l'extrait de cette nouvelle. Ecrit en une poignée de minute. Un soir. Mais voilà la peur du plagia me noue l'estomac en un point d'interrogation. Que faire ? Peut être vous la livrerais-je un de ces jours.

18:25_Je voudrais vous faire ce cadeau. En remerciement de vos mots. Tous ces mots qui ne cessent d'affluer depuis Cet article. Vous offrir en "exclusivité" l'extrait de cette nouvelle. Ecrit en une poignée de minute. Un soir. Mais voilà la peur du plagia me noue l'estomac en un point d'interrogation. Que faire ? Peut être vous la livrerais-je un de ces jours.
On appelle cela ainsi. Ou tout du moins, j'ai décidé de le nommer de la sorte. Oui. Si ce recueil vient à voir le jour; un jour. Alors le titre en sera ainsi. Parce qu'il résume tellement bien toutes ces histoires. Toute mon histoire. La lecture seul de celui-ci convient amplement, sans même avoir ouvert le livre, de connaître ce qui s'y trouve. Car s'il fallait deux mots pour qualifier ma vie depuis maintenant dix-sept mois il en serait ainsi : L'amour SNCF. Lorsqu'une femme ou un homme après tout. Mais lorsqu'une personne se marie avec une autre personne. Cette personne ne dit pas uniquement oui à l'autre. Elle dit oui à l'autre et à tout ce qui le compose. Tout le reste autour. Cela est valable dans n'importe quel cas. On ne peut prendre. Acquérir quelque chose à l'unité. Cela va bien souvent par pluriel. Il est question de Tout. Un Tout composé de singulier si vous voulez. Alors oui. Il y a dix-sept mois. Derrière ce singulier se cachait un pluriel. Non pas insoupçonné mais juste imaginé. Il y a dix-sept mois j'ai sauté du haut de ce pont dont il m'est capable de vous le situer pour plus de réalisme. Gare du Nord. Un beau matin Gare du Nord j'ai sauté. Les bras grands ouverts. La tête la première. Choc frontal contre le bitume. Ou du moins contre l'engin. Voila. Le pacte venait d'être scellé. Le contrat signé. La poignée de mains serrée. Le ruban coupé. Une fois n'est pas coutume je venais à nouveau d'entrer dans cette catégorie si particulière. Si différente. Une fois de plus je venais de m'engouffrer dans L'amour SNCF. Celui là même où vous passez votre temps entre deux villes. Deux gares. Aux guichets de celles-ci. Dont vous finissez à force, par tous les faire. Sur ces quais. Dont vous finissez également par faire chacun d'entre eux. L'amour SNCF s'est accepter de passer sa vie dans cet amour. Un amour imagé. Le train. Accepter de s'asseoir. De rencontrer toujours et encore plus d'inconnus. Qui pour certains finissent avec un prénom et une bride d'histoire à la fin du voyage. Accepter d'en prendre un nombre incalculable. Où votre but n'est plus de réussir à monter dedans mais plutôt de tenter de les prendre tous. Tous ceux qui font ce trajet là. A toutes les heures possibles. Et quoi qu'on en dise. Je n'en suis pas si loin. Le train fait marche arrière. Retour dans cette gare attribuée de Gare-de-Départ. Il est exactement cinq heures trente quatre. Je viens de prendre le premier tram de cinq heure vingt-sept pour débarquer dans cette gare et attraper le tout premier train de cinq heures cinquante-huit. Nous ne sommes pas à l'heure de pointe. C'est plaisant. Plaisant de voir si peu de monde présent. D'entendre si peu de bruit. De s'asseoir dans ce tout premier train et de le rayer mentalement de votre liste virtuel. A quand le prochain et surtout à quelle heure ? Combien m'en reste t-il à faire ? L'amour SNCF n'a pas de prix. L'amour SNCF c'est accepter de repousser le départ. Profiter d'une soirée dans la Gare-de-Départ. Ne dormir que trois petites heures. Puis en passer deux dans cet amour. Regarder à travers ces doubles vitres la France s'éveiller. Sous; ce jour là, une brume magistrale. Distinguer au loin Paris. Cacher à demi derrière celle-ci. Observer le soleil se frayer un chemin. Pour enfin arriver dans cette Gare-d'Arrivée. Se précipiter. Se déshabiller et se remettre au lit. Comme si de rien n'était. Comme si l'on avait dormi là depuis la veille. Dans ce lit qui nous semble être bien plus le nôtre que celui de la Gare-de-Départ. Oui. L'amour SNCF c'est accepter de ne vivre qu'en fonction des trains disponibles. Accepter que l'heure de ceux-ci ne compte pas. Quelle ne passe qu'en second plan. Qu'avant cela il y a l'envie. La passion. La pulsion. La volonté de retrouver l'être aimé. L'amour SNCF c'est accepter un train de vie différent. C'est aimer refuser les attaches. Etre capable de claquer la porte du jour au lendemain. D'aller acheter des billets sur un coup de tête. Une envie. Une pulsion. Mais L'amour SNCF c'est aussi avoir un budget. Le tas de billets de train s'est amoncelé dans ma boîte réservée à ceux-ci. Aucun ne part à la poubelle. Tous sont gardés. Je ne saurais vous dire le nombre. Mais le prix oui. Par curiosité j'ai additionné tous ces chiffres pour me montrer. Nous montrer. Vous montrer à quel point L'amour SNCF aussi hors du commun soit-il est une relation qui demande concession. On dit que l'amour n'a pas de prix mais celui-ci en a un. Dix-sept mois D'amour SNCF pour la modique ( ironique bien sur ) somme de mille deux cents euros. Mais ce ne sont que des chiffres. Aussi importants. Aussi grands soient-ils. Ils ne remplaceront jamais ô grand jamais ce que peut apporter cet amour si à part. L'amour SNCF c'est vous offrir l'occasion de vous apprendre l'attente. Le décompte des jours. Des semaines. Des mois. La patience. La maitrise du manque de l'Autre. Les retrouvailles sur ce quai de Gare-D'arrivée. L'amour SNCF c'est ce Tout remplis de singulier qui fait que quiconque ne peut comprendre une telle relation s'il ne le vit pas ou ne l'a pas vécu.
Je suis L'amour SNCF. Je le suis parce que je n'ai connu que cela et ne connaîtrait que cela. Je vous regarde. Vous observe. Vous qui m'entourez et tente de comprendre. Comprendre comment deux personnes qui s'aiment vivent dans une même ville. Dans une même école parfois. Tente de comprendre ce que sont ces relations. La manière dont elles s'organisent. Sont rythmées. Puis comme dans tout raisonnement. Toute bonne dissertation la conclusion découle d'elle même. Nous sommes tous dans des moules différents. Le mien l'étant d'autant plus. Je suis L'amour SNCF car n'ai connu que cela. De ma première relation à ma dernière. Jamais je n'ai pu ressentir ce que bon nombre de vous ressentent. Vivent. Je ne saurais vous parler avec mes mots de ce que cela fait d'avoir l'être aimé pas loin de chez soi. A quelques kilomètres. Quelques stations de métro. Quelques minutes de vélo. De le voir à la sortie de l'école. De le retrouver à une soirée entre amis. De partager le même cercle d'amis. De le croiser à un inter-cours. Etc. Non jamais je ne pourrais vous l'évoquer personnellement. Tout cela m'est inconnue et me le restera. Je ne l'ai pas vécue et ne le vivrais surement jamais. Mais qu'importe ? Je crois ne jamais pouvoir en être capable. C'est comme pour le café. Les crayons de couleurs. Les feuilles à grands carreaux. Lorsqu'on est habitué depuis toujours à un certain mode de vie. De manière de faire. Le changement nous est parfois retissant. Difficile. Voir impossible. Je crois pour ma part qu'il en aurait été le cas. Je suis comme née dans le train et suis tombée bien jeune dans L'amour SNCF. Il n'y a donc aucun regrets. Aucune objections à émettre. Juste une reconnaissance à apposer à un fait marquant qui a su me forger la personnalité qui me constitue aujourd'hui. Cette capacité si grande à ne pas avoir d'attache. A pouvoir vivre en symbiose avec cette Amour SNCF quand bon me semble. Voilà tout. Nous sommes comme nous sommes.

# Posté le jeudi 09 avril 2009 15:13

Modifié le vendredi 10 avril 2009 08:53

10:09_Les choses se précisent. Les dernières courses se bouclent. Je n'ose faire le décompte. Mais il est sur que dans une petite poignée de semaines. Une grosse poignée de jours nous y serons. Avec eux et surtout avec Lui. Nous nous envolerons à l'autre bout du monde. De l'autre côté de l'équateur. Pour un voyage inoubliable. Deux semaines coupés de la réalité Française.

10:09_Les choses se précisent. Les dernières courses se bouclent. Je n'ose faire le décompte. Mais il est sur que dans une petite poignée de semaines. Une grosse poignée de jours nous y serons. Avec eux et surtout avec Lui. Nous nous envolerons à l'autre bout du monde. De l'autre côté de l'équateur. Pour un voyage inoubliable. Deux semaines coupés de la réalité Française.
Sensation étrange. Perception visuelle troublante. Avez vous déjà vécu cela ? Vous êtes vous déjà retrouvés au milieu de nulle part ? Au coeur même d'une ville déserte ? Dépourvue de vie. D'activités. Il y a de quoi en perdre pieds. En perdre ses mots. Samedi matin. Quatre heures. Le réveil sonne. Cinq heures vingt. Me voici dehors à fermer lentement la porte pour ne pas les réveiller. Et puis en regardant autour de moi. C'est presque à toute la rue que je fais attention. Que j'essaie de ne pas réveiller. Silence. On n'entend que moi. Juste le bruit de mes pas. Le boulevard me tend les bras et je m'y engouffre sans réserves. J'ose à m'y tenir droite. En son beau milieu. Vous êtes vous déjà retrouvés ainsi ? Au beau milieu d'un boulevard ? De la route ? A un tel carrefour de fréquentation le jour ? Où vous semblez être le chef d'orchestre de tous ces feux qui continuent de faire leur travail malgré le vide saisissant qu'il y règne. Aussi loin que je puisse voir. En face de moi. A ma gauche, sous ce pont. De tous côtés il n'y a rien. Pas une voiture. Pas un bruit. Ni même au loin. Rien. Le silence. Sensation paisible et étrange que de se trouver là. Seule. Au coeur de cette ville. De ce périph. Là où, quelques heures plus tard des embouteillages se créent. Des klaxons retentissent. Je n'peux que fermer les yeux et savourer ce moment si rare. Profiter de mon avance sur mon horaire pour prendre totalement part à ce spectacle qui se donne à moi. J'aurais bien pu y rester. Des heures durant. Mais le regard interrogateur et admiratif du jeune homme de l'angle du boulevard me rappela à moi. J'étais seule ici. Au beau milieu du boulevard. A la place des voitures. Et lui. Il était là. Derrière cette vitre. A me regarder. Nous étions là dans ce silence. Moi, observant. Lui, préparant son pain. Quel privilège a t-il. Chaque matin de se lever à cette heure-ci. De venir dans sa boulangerie et de savourer égoïstement cet instant magique qui s'adonne à lui de l'autre côté des vitres.
De rares moments comme ceux-là qu'on ne peut décemment pas oublier. Parce qu'ils déclenchent toujours quelque chose. Qu'ils nous donnent l'impression d'être annihilé. Sensation étrange et perception troublante. Une expérience qui m'aura permis de confirmer ce que je soupçonnais. Je suis, à la différence de vous tous. Tout du moins de la majorité. Dans l'incapacité de pouvoir entendre le silence. Je n'sais pas ce que c'est. Quelle sonorité il a. Non je ne peux pas entendre le silence. Je ne peux que le percevoir. Le ressentir physiquement. Mais ne pourrait plus jamais l'entendre. Les souvenirs de celui-ci remontant à bien trop jeune, je ne peux me souvenir de ce sentiment. De cette perception. On m'a ôté la capacité du silence au profit de me rendre l'ouïe. On n'choisit pas à cinq ans. Comment aurais-je pu ? Nos sens ne sont que bien trop peu développés à ce jeune âge. Nous n'avons pas pleinement conscience et connaissance de tout ce qui se trame autour de nous. Dans ce monde qui nous entour. Il n'y a rien à regretter. La curiosité me pousse juste bien trop souvent à vouloir rechercher cette notion perdue. Mais en vain. Jusqu'à preuve du contraire rien ne changera. Voila de longues années que je vis avec ce "bip" dans la tête. Dont il m'a été possible de lui donner un nom il y a très peu. En apprenant que celui-ci avait une signification. Acouphène. Quoi que je fasse. Où que je sois il est là. Voilà quatorze ans que je vis avec. Qu'il a pris place dans ma boîte crânienne ainsi que dans mes oreilles. Je suis incapable de le situer à la perfection. Je ne peux que constater ses conséquences. Ce qu'il m'ôte de la vie courante. Dont ce fait si dommage de ne plus pouvoir entendre le silence. De ne plus pouvoir rien entendre. Parce que quoi qu'il se passe il y a toujours ce "bip". Qui dans un moment pareil comme évoqué précédemment. Varie d'intensité à ma plus grande douleur. Alors oui quand on en parle, cela parait irréel. Inconcevable. Fou peut être. Mais je n'souhaite à personne de vivre cela. D'être dans le même cas et de vivre avec cela. Bien sur qu'à la longue on s'y fait. A-t-on vraiment le choix au fond ? C'est une maladie comme une autre. Une maladie qui touche un organe sensible. Semble t-il le plus sensible de tous. Mais une maladie qu'on ne peut guérir. Je le sais et en ai pleinement conscience depuis tout ce temps. C'est pourquoi à défaut de croire et d'espérer qu'un jour il s'en ira. Je persévère à vouloir retrouver cette sensation perdue du Silence. Il faudra du temps. Peut être n'y parviendrais-je jamais. Mais ce ne sera pas faute d'avoir voulu essayer au moins. Alors s'il y avait une chose à retenir. C'est qu'il ne faut pas surestimer la teneur de nos sens. Qu'ils sont bien trop sensibles pour pouvoir les bousiller à la moindre occasion. Dans un état de conscience inconnu. Sur un coup de tête. Une action idiote et terriblement regrettable par la suite. Parce que si ce phénomène d'acouphène peut être provoqué à vôtre insu. Il arrive que parfois, certains le provoquent de leur plein gré.

# Posté le lundi 06 avril 2009 04:59

Modifié le lundi 06 avril 2009 08:23

20:55_100 Fans 100 personnes t'ont mis dans leurs blogs préférés. Vous êtes fous.

20:55_100 Fans  100 personnes t'ont mis dans leurs blogs préférés.                    Vous êtes fous.
Je mentirais que de vous affirmer que cela m'ait venu de la sorte. Que je n'y avais point songé avant que cela n'arrive. Avant ce week-end. En réalité cela fait déjà plusieurs semaines, peut être bien un mois que j'y pense. Ainsi cela peut légitimement s'expliquer par cette thèse si commune à tous. Si commune au lebenswelt. Quoi qu'il advienne. Où que vous vous trouviez. Vous ne pouvez y échapper. Il arrive malgré tout. Oui, ce moment T arrive toujours à un moment clef de votre vie. Ou tout simplement de votre instance. Parfois, selon les personnes, il est fréquent qu'il persiste à se montrer peut être bien trop souvent. Bien trop en tout cas que l'aurait souhaiter ceux qui le subissent. Mais on n'choisit pas. Il n'est pas question dans ces moments précis, tout du moins dans celui-ci de libre arbitre. Ce moment arrive comme un courant d'air se faufile au claquement d'une porte. Alors oui, ce moment T pour ma part. Tout du moins ce nouveau moment T, puisqu'il est loin d'être le premier en terme général. Mais en terme particulier, dans cette catégorie précise il l'est, certes. Il est donc arrivé il y a plusieurs semaines. Peut être un mois vous dis-je. Comme à toute scène. Tout rebondissement. Il y a un élément déclencheur. En ce qui me concerne et en ce qui concerne l'objet de ces mots et de cet écrit. L'élément déclencheur se nomma Cassandra. D'ailleurs, Dieu merci, elle se nomme toujours ainsi. Mais parlons au passé. Cette jeune demoiselle débarqua par ici. Ces valises sous le bras. Des valises gorgées de mots. Prêtes à exploser et à éparpiller de-ci de-là quelques uns de ceux-ci. Je la croyais de passage. Mais c'était surestimer la grandeur de ses valises. On dit que l'amour rend aveugle. Mais parfois la réalité même rend aveugle. A vouloir persister dans la recherche d'autrui, on en finit par passer à côté et ne plus le voir. Elle n'était donc pas de passage. N'était pas qu'un simple courant d'air. Tout du moins au début. Elle s'est présentée comme tel et ma fait frissonner. Puis elle a laissé exploser ses valises. Éparpillant le long du couloir, des pièces, quelques vêtements. Au fil du temps, après m'avoir fait attraper froid par ce courant d'air, elle a attrapé au détour d'une marche d'escalier une écharpe. Puis un étage plus haut, un bonnet. Le couloir longé, elle m'a mise des gants. Petit à petit elle a pris place. A pris place sur moi. S'est imprégnée de petites parties qui me constituent. A pris soin de moi tout en continuant à m'inonder sous le poids de ses mots. Comme si elle voulait que je ne prenne pas froid. Que je ne m'enrhume pas. Entendez par la, comme si elle voulait que la réalité m'atteigne et m'imprègne une bonne fois pour toute. Elle s'est attachée à sa tache. Comme pour me montrer qu'il me fallait cesser de chercher autrui. Qu'autrui c'était eux. Lui. Nous. Vous. Mais qu'en ce jour, autrui avait pris place en elle. Aujourd'hui encore. Elle est encore là. Reste. Persiste dans l'inconscience la plus grande et la plus totale de ce qu'elle engendre et sème sur son passage. Un courant d'air aussi transparent soit-il laisse indéniablement des traces de son passage. Il n'y a qu'à bien regarder.

Je mentirais en vous disant qu'il n'y a qu'elle. Qu'il n'y a eu qu'elle. Et ce serait égoïste de ma part de consacrer essentiellement ceci à elle seule. Mais voilà. Elle fut l'élément déclencheur et je ne pouvais décemment pas ne pas commencer par elle après tout ce qu'elle fait. Non elle n'était pas la seule. Oui il y en a eu d'autres avant elle. Puis après elle. Mais je crois qu'il est temps grâce à elle d'en parler. D'oser mettre cela par ici. Par écrit virtuel. Je l'ai dit. Redit dans de nombreux commentaires. Sur de nombreuses pages virtuelles. Mais qu'importe. Je crois ne jamais cesser de le dire et de le redire. Bien sûr que j'aime écrire. Et vous n'imaginez peut être pas à quel point. Mais comprenez qu'à la différence de bon nombre. Je n'écris pas pour moi. Mais bel et bien pour vous. Vous êtes mon moteur. Ma motivation. Ma source d'inspiration première. Alors oui, certes parfois je m'inspire de mon propre vécu. Parce que malheureusement ou heureusement, on dira comme on le voudra; bien trop grand. Mais quoi qu'il en soit. Je ne cesse d'écrire que pour Vous, chers inconnus. Et quoi qu'on puisse en dire. En penser. Je m'en fiche du nombre de visites, de la quelconque célébrité que cet endroit puisse avoir ou que je puisse avoir dans un avenir proche ou lointain. Car ce n'est pas cela que j'attends. Que je cherche. Non bien loin de là. Ce que j'attends. Convoite. Sont vos réactions. Parce que j'écris pour vous, je n'attends que de vous en retour, de simples mots. Le fruit de mon travail n'est plus grandement récompensé que lorsque vous me dites ces mots là. " oui c'est exactement cela. Je l'ai aussi vécu. Mais je n'ai jamais réussi à mettre des mots comme tu le fais" . Je n'en demande absolument pas plus. Qu'un simple retour de la sorte. Et ne peut, même aujourd'hui, au bout de cinq ans d'écriture déjà; supporter les remerciements. Cela peut paraitre paradoxale mais comment admettre que l'on me remercie alors que c'est à moi de vous remercier en première instance. Vous remercier de me fournir la capacité à travers vous de délier mes mots et d'avoir cette facilité des mots justement, dont je suis bien consciente. Cette facilité qui me permet d'écrire sans m'arrêter. Il me suffit de regarder quelqu'un. D'entendre une bride de phrases. Prendre part à une discussion pour pouvoir ensuite écrire sans retenue et étaler ma soif de la plume sur le papier des pages et des pages durant.
Certains n'oseront jamais laisser de mots en passant par ici. Et je peux décemment respecter ce choix. Mais lorsque celui-ci se justifie par le fait " qu'on ose pas, parce qu'on ne passerait qu'inaperçu parmi tous ces commentaires. Tous ces mots si semblable. " Je vous répondrais que bien au contraire. Je prends à chaque fois la peine de lire chaque commentaire. Et jusqu'à preuve du contraire, pour tout commentaire constructif, ou bien même toute critique constructive, je prends toujours le temps et la peine de répondre. Qui que vous soyez et quoi que vous puissiez penser ou vous imaginer, tachez de garde en mémoire que je ne suis qu'une simple personne au fond du fond. Alors il est indéniable que cela ne sera jamais une corvée que de prendre du temps pour vous laisser à mon tour quelques mots. Je vous dois à Vous ma force d'écriture. A tel point de même, que je ne pourrais jamais vous en vouloir que de déserter cet endroit. Cela ne fait que remettre en question ma volonté à poursuivre par ici. Car si parfois il y a cette impression que cet endroit se vide, comprenez qu'il se vide de vous et donc par la même de mon écriture. Etant ma source d'inspiration. Comment pourrais-je poursuivre si vous n'y êtes plus ? Ma seule exigence serait peut être de vous demander d'avoir l'amabilité de rester. Même assis dans un petit coin au fond, en silence. Du moment que de la vie et de l'attention persistent. Alors cela me suffit amplement.

Enfin, je terminerais cet écrit qui vous est destiné par une petite anecdote justifiant le titre de cet article. Il y a encore quelques années je me trouvais à la place de certains d'entre vous. Surfant de blog en blog. S'accrochant à des vies exposées virtuellement. A ces brides de vie d'inconnus. J'étais "fan" comme certains le disent vis à vis de moi. Et je vous avouerais qu'en toute honnêteté ce mot me dérange. Car il me parait surréaliste. Étant passée par ce "stade", cette période. Jamais je n'aurais pu penser, imaginer qu'un jour je me trouverais à la place d'un de ces "blogs". De l'un de ces mondes virtuels. Que l'on admire. Que l'on suit assidument. Ou pas. Non jamais. Alors penser un seul instant qu'il serait mis dans 100 favoris. C'est comme on dit, la cerise sur le gâteau ! Si vous saviez. . . Je crois que cette photo résume parfaitement ce que vous. Inconnus faites sur moi. Ce que vos mots provoquent. Aussi simple soient-ils. Je ne citerais pas de noms, parce que la liste serait bien trop longues. Les personnes les plus chers et les plus importantes à travers leurs mots se reconnaitront. C'est indéniable.
Mais pour tous. Un immense merci. Sincèrement. Et un merci bien plus important à ceux qui prennent véritablement le temps de lire chaque texte. Qui ne sont pas rebutés par la longueur. Car je n'doute pas loin de la que ceux-ci doivent être de petites perles rares. Alors MERCI.



Avez vous à présent, conscience de la réalité de la chose ?

# Posté le vendredi 27 mars 2009 15:58

Modifié le mardi 31 mars 2009 14:04

21:42_L'échéance se réduit à mesure que la peur grandit. Un paradoxe prévisible dès le début. Mais cacher par ces pulsions. Et surtout. Par cette aliénation de nos facultés.

21:42_L'échéance se réduit à mesure que la peur grandit. Un paradoxe prévisible dès le début. Mais cacher par ces pulsions. Et surtout. Par cette aliénation de nos facultés.
Deux choses pour en dire une. Parfois il n'y a pas besoin de choisir. La complémentarité fait le reste. Le Tout.

Il y a comme une impression de galerie déserte. De galerie de tableaux figés à jamais. Placés dans un ordre, à un endroit bien précis. Une impression de vide à travers eux. Les draps froids et froissés. Les rideaux tirés. L'armoire entre-ouverte. Quelques habits de-ci de-là. Un bureau rangé. Quelques boîtes empilées. Une cheminée intacte. Un tableau animé par deux corps figés. Avec un arrière goût de déjà vu. De déjà ressenti. Perçu. Vécu. Un arrière goût familier qu'on avait finalement oublié avec le temps. Au fil de l'habitude. Alors la sensation est étrange cette fois-ci. Comme remise au goût du jour. Ressortie. Pour le plaisir ? Par inadvertance dirons nous. Cela faisait longtemps. Oui bien longtemps qu'il n'y avait pas eu cette atmosphère si pesante et oppressante après ce claquement de porte. Bien longtemps que cette impression de vide n'avait pas pris place. Envahi. Englouti tout le reste. Soit. C'est perturbant. Mais cela irait, si cela en restait là. Si ce vide se figeait lui aussi dans ce tableau. Et non s'il prenait vie. Prenait vie à travers l'un des corps figés. A travers le plus improbable des deux. Comme la peste ou le choléra qui se rependent à une vitesse incontrôlable et d'une manière avant tout dévastatrice, Elle à rependu la tristesse et le manque à chacun de ses passages. A travers chaque recoins de ce tableau. Rien n'a été laissé au hasard. Rien n'a survécu à son incompréhension et sa volonté ferme de le trouver. De Te trouver. Le c½ur serré par ce claquement de porte quelques heures plus tôt. Elle vient de le briser en morceaux par son geste. Et elle le sait. Le voit. Le perçoit. Elle a beau ignorer. Ne pas comprendre. Il est difficile de cacher un corps qui se tord de douleurs de manque. De vouloir réprimer ce qui a ressurgi. Tous ces départs. Répétés. Improvisés. Anticipés. Devant la porte. Sur ce quai. Au bout de la rue. De la chambre. C'était il y a longtemps. Longtemps et pendant un moment. Mais c'en était finit de tout cela. Finit. Du moins. C'est c'que l'aliénation à pour but de nous faire croire et voir. Parce qu'au fond. Lorsque des allégories de la sorte vous rattrapent. Tout revient et éclate avec la véritable vérité. Comme ce soir. Un soir semblable à un du passé. Un de ces soirs que je pensais avoir dépassé. Ne plus ressentir ainsi. Mais elle ne sait pas. Ne savait pas et a enclenché à nouveau la boucle. Sans le savoir. Elle n'y peut rien. Et tu n'y pouvais rien. Qui aurait cru que c'était elle l'allégorie de tout cela. Notre allégorie ?

Pause. Il y a cinq jours la tristesse du temps passé m'enrôlait dans ses rangs. Je n'aurais tenu que deux petits jours alors. Deux seulement avant de la voir débarquer. Sans surprise. Je l'attendais. L'attendais du haut de la colline. Avancer. Petit à petit gagner du terrain. Pour enfin arriver en haut de celle-ci. Sans résistance ni bataille. La voir désarticuler les portes de la forteresse. Et grappiller. Enrôler. Tout absolument tout sur son passage. Un changement de régime. Passation de pouvoir au sein de mon cerveau. Avant de débouler jusqu'à la pointe des pieds. D'envahir corps et âme pour y monter le campement. La capitulation signée, la vie reprit son cours. Comme "avant" dirions nous. Jusqu'à ce que cela arrive. Comme dans toutes grandes Histoires. De France ou d'Ailleurs. Peu importe. Comme dans tout contes de fée, il arriva. Avec surprise cette fois-ci. Il déboula et mit à bruler cette capitulation qui en réalité n'était qu'une armistice. Les combats reprirent et le nettoyage s'effectua. A lui seul il repoussa cette armée dans leurs retranchements. Au fin fond du pays. Au fin fond du fond. Nouvelle passation de pouvoir. Avec douceur et joie cette fois. Et la vie reprit son cours. Comme avant dirions nous. Oui. Mais vraiment comme avant. Alors oui. Je n'y aurais surement jamais repensé. Repensé à ce début de semaine si elle n'avait pas était là. Ce soir. Ici. A te chercher partout comme une âme en peine dans ce goût d'la fin. Parce que c'est bel et bien un goût d'la fin qui plane et prend place par ici. Dans les draps froids. Sur les rideaux tirés. Dans l'armoire entre-ouverte. Sur les quelques habits laisser de-ci de-là. Parmi toute cette impression de tableau. De moment figé, elle est là Elle. A parcourir chaque recoins. Du bureau. Du lit. De l'étagère. De l'armoire à ta recherche. Et son manque contamine un peu plus à chacun de ses passages. Me contamine. Je voudrais lui expliquer avec des mots. Des brides de phrases réprimées par quelques sanglots. Mais à quoi bon ? Elle ne comprendrait pas. Cela ne changerait rien. Alors autant la laisser vagabonder à la recherche d'un amour perdu... Un amour non pas déchu. Mais perdu oui. Un amour qui vous enrôle et laisse un vide vertigineux lorsqu'il décide de claquer la porte. Lorsqu'il juge que l'heure est arrivée. Comme une claque glaciale sur un visage froid et frigorifié par la température négative de l'extérieur. La douleur est intense et lancinante. Et ce soir. Elle est avant tout partagée. Je n'sais pas si elle à l'intense et moi le lancinant. Ou bien l'inverse. Peu importe après tout. Ce qui est sur. C'est que j'ai la conscience et elle l'incompréhension. Une incompréhension qui ne l'empêche pas d'avoir la conscience de mon coeur serré. De ce manque perceptible à des kilomètres. Qui finalement, la rassure et la soutient. Tout n'est que question de temps. Tout n'est que question de jours. Tout finit par passer. Oui. Ca finira par passer. C'est certain.

# Posté le dimanche 15 mars 2009 17:20

Modifié le dimanche 15 mars 2009 18:20