On aurait pu penser légitimement à vendredi. Croire que tout commencerait vendredi après-midi. Vendredi soir peut être. Mais ce n'fut pas l'cas. Du moins pas entièrement. Pas principalement. Il aura fallu attendre lundi matin. Ce matin même. Entendre le réveil sonner. 8h. L'éteindre. Puis regarder l'heure. Regarder l'heure et sourire niaisement dans le noir. Sourire de joie. De savoir qu'il n'est pas 5h et qu'il n'y a pas un RER à prendre dans 45 minutes en direction de la gare du Nord. Non. Sourire de se dire, que le réveil de ce matin n'est pas pour moi. Ni pour nous. Tout du moins juste pour Lui. Qu'il va devoir se lever pour aller travaillé et me laisser là. Seule dans l'appart. Chez nous. Pour la première fois. Le premier week-end de tous ceux déjà écoulés. Ouvrir les volets et découvrir Paris sous la neige. Si belle. Toute cette neige. De 10 à 20 centimètres selon l'endroit. L'observer. L'admirer. La contempler. Comme on contemple, je contemple n'importe quels rayons de livres dans n'importe quels endroits. Puis prendre le temps de savourer ce petit déjeuner. Ensemble. Se regarder et sentir cette folle envie de sourire niaisement et de rire sans retenue. A nous voir ainsi. Côte à côte. Ca parait tellement banal comme moment de la vie et du quotidien pour beaucoup. Mais tellement si rare pour nous. Alors on savoure. Un avant goût de ce qui nous attend dans trois semaines. Puis dans quelques mois. Les minutes filent. L'heure se passe et il lui faut trouver le courage d'y aller. De se torturer au travail à penser que je n'suis qu'à cinq petit kilomètres de lui; pour une fois. Et inversement. A penser à lui qui est si proche, tout en préparant mes affaires. Se poser dans ce grand fauteuil et se laisser perdre dans l'immensité de cette blancheur d'asphalte. Se souvenir de ce week-end. De ce vendredi. Du train et de ce sentiment qui m'a épris. Percevoir ce besoin si oppressant de respirer à nouveau. D'une bouffée d'air frais. Puis se replonger dans ce long couloir. Cette passerelle et se sentir revivre. Observer ses poumons se remplir. Et se dire que nous n'sommes finalement pas si différent de ces gens autour de nous. Parce que dans un sens, moi aussi je rentrais chez moi. Après une journée de travail. Une longue et pénible semaine. J'allais enfin retrouver notre chez nous. Nous retrouver. Pour savourer une fois n'est pas coutume, un nouveau week-end qui s'offrait à nous. Profiter de cette soirée du dimanche soir en particulier. Être là sur le canapé. Devant ce film. Ou plutôt devant Ce Film. Me sentir transporter. Enivrer. Dans tout les sens du terme. Puis mettre pause. Le regarder aller dans la pièce d'à côté. L'y rejoindre quelques instants après. M'asseoir sur ses genoux. Le serrer dans mes bras. Fort. Et sans aucune raison apparente. M'effondrer en larmes contre lui. M'effondrer oui. Pleurer comme j'en avais encore jamais eu envie de la sorte. Pleurer de besoin. De besoin d'exprimer cette oppression si grande. Ses sentiments présents depuis le premier jour. Mais qui ne cessent de grandir à ma plus grande incompréhension. Est-il ainsi et si, possible d'aimer de la sorte ? D'une manière incommensurable ? De s'imaginer croire qu'on est au plus haut. Au plus loin. Qu'on n'peut pas faire plus. Et découvrir finalement qu'il n'y a aucune limite. Aucune barrière. Ressentir cette impression de bien être ultime. Sous tout les rapports. Dans n'importe quels sens. Avoir la véritable sensation de percevoir le tracé de sa vie. De savoir ce à quoi est égal le futur. Ce à quoi est égal le présent. Ce à quoi est égal le passé. Ne plus sentir son corps divisé et partagé pour chacun. En diverses raisons. Comme une commode. Ne plus être une multitude de petits tiroirs qu'il convient à quiconque d'ouvrir comme bon lui semble. D'être mis à nu. Mais avoir la nette impression ne n'être plus qu'une pièce. Une pièce renfermant cette commode. Une pièce aux murs solides. Protégeant la fragilité de celle-ci. Une pièce dont il n'y a plus qu'une poignet. Une seule et unique porte. Que quiconque peut ouvrir et découvrir le rangement et la certitude d'une seule route. Et non du périph parisien aux sorties, directions et bifurcations incalculables. Oui. Avoir la certitude de savoir. Savoir ou aller. Et surtout. Avec qui y aller. Même si au fond, on l'savait déjà depuis l'début. S'en doutais bien sur. Tout n'étais que question de temps.
Puis se laisser rattrapé par le temps, finir ses affaires et commencer ce petit jeu. Disséminer ces petits mots un peu partout. Puis cette lettre virtuelle. Avant de claquer la porte et de braver le froid et la neige direction la gare. Un trajet sans lui. Mais qui ne m'empêche pas de l'imaginer au bout de cette avenue, dans ce grand immeuble que j'aperçois. Avant de sentir. De le sentir et de le voir venir s'asseoir à côtés de moi. Comme par magie. Une dernière surprise. Et surement la plus belle. Le savoir s'être échapper quelques minutes pour me retrouver là. Dans cette gare. Notre gare. Sur ce quai. Notre quai. Dernier baiser. Dernier coup d'sifflet. Le sourire sur nos lèvres. " Oui. A dans trois semaines mon Amour. . ."
Qu'il soit Thomas et moi Francine.
Ou bien que je sois Thomas et lui Francine.
Qu'importe au fond. Une chose ne change pas. . .
" Paris Je t'aime. "