Il y a des journées comme ça, qu'on n'est sur de n'jamais oublier. Et d'autant plus, lorsqu'elle tombe sur des jours particuliers. Comme celui-ci. Comme cette journée. Nous sommes le trente et un Décembre deux mille huit. Un coup d'voiture et nous voilà au c½ur même de Paris. IX ème arrondissement. A franchir les portes de cette école. Une heure plus tard nous sommes dans son bureau. Minuscule soit-il. Devant elle. Cette commerciale déguisée. On m'avait prévenu. Je m'étais renseignée par avance, et savais donc parfaitement ou je mettais les pieds. Avais donc un avantage de pouvoir sélectionner ce qu'elle me disait, en fonction de ce que je savais déjà. Mais bon. Commerciale déguisée ou non, cela fait un bien fou d'entendre des choses positives. De sentir cette boule d'hésitation et de peur s'extirper du fin fond de mon ventre. Et surtout. De le sentir, Lui. Là. Sur cette chaise. Juste à mes côtés. Le sentir et le voir s'investir à ce point. Avec moi. Si tu savais comme ca me touche. Comme ton soutien m'ait précieux. Tellement. Quelques rires, sourires plus tard; et surtout après une longue discussion, le deuxième rendez-vous est fixé. Dans quinze jours je serais inscrite. Restera plus que cette autre école et la Sorbonne. Alors un coup d'voiture plus tard, nous revoilà à la maison. Au chaud. La nuit tombe et l'effervescence se fait sentir. Il est l'heure. On s'prépare. Se fait tout beau. Puis en route. Un coup d'voiture plus tard, nous revoilà au coeur de la capitale. XVI ème arrondissement cette fois. Je rêve encore de ces immeubles. . . Haussmann quand tu me tiens. Nous voilà dans le froid, moi et ma robe de soie au décolleté dont on n'peut pas faire plus plongeant, sans collants et en talons; avec mes idées reçues. Du genre. Dans le XVI ème il n'y a que des bobos et ceux sont les même que l'on retrouve dans les restos chic des alentours. Qu'à c'la n'tienne. Certes il y en a, faut pas non plus mentir ! Mais on est bien loin du compte. Mais oh quelle surprise. Il y a presque bien plus d'étrangers. Alors je ravale mes idées et m'installe confortablement à cette table. Dans cette pièce rebaptisé par son décor, " Le Boudoir " et savoure ce délicieux mets qui s'offre à nous. Quelques heures plus tard. Un nouveau coup d'voiture après. Nous voilà garé sur cette avenue. Madame la Dame de Fer dans mon champ d'vision. Plus proche que jamais. Cinq minutes, montre en main, nous voici devant elle. Mon réflex posté en rafale, je déclenche. Puis de pas en pas nous arrivons sous elle même. Sous cette lumière bleue immense. Qui nous engloutit et nous en met plein les yeux. Comme des enfants nous la regardons avec admiration. Quelques pas plus loin, nous voici de l'autre côté mais toujours à ses pieds. Prêt à regarder ses étoiles s'éteindre au rythme du décompte final. Ca y est la voilà qui s'éteint. Puis quelques secondes plus tard, se rallume et scintille de plus belle. Les gens ne tiennent plus en place. L'effervescence et l'euphorie de cette nouvelle année éclatent. Des cris, des rires fusent à la vu de ses différents feux d'artifices. On s'embrasse, s'enlace au son de ses " Bonne Année ! " dits en divers langues. Jamais je n'avais vu autant de gens aussi heureux pour me semble t-il si peu. Et quel bonheur de voir se mélange de culture, de pays. De comprendre qu'il y a presque bien plus d'étrangers que de français et que c'est à se demander dans quel pays on est ! D'avoir cette impression si forte, d'être en pleine cosmogonie. Non il n'y a pas de doutes. Oui, je n'oublierai jamais ce passage à cette nouvelle année deux mille neuf. Le plus beau de tous, jusqu'à présent. Et il l'est d'autant plus lorsque vous le passez dans la ville qui vous est si cher et surtout; en compagnie de l'être aimé. On en redemande encore. Et rembobine la cassette juste pour le plaisir. Une dernière fois. Juste une.