C'était il y a un an. Jour pour jour. Et pourtant j'ai comme l'impression que c'était hier. Je n'ai cessé de conter cette histoire à qui bon voudrait l'entendre. Et serais capable encore au jour d'aujourd'hui de la conter. Avec la même joie. Le même bonheur. La même passion. Fougue et surtout la même surprise. Pourquoi ? Parce qu'il y a un an. J'ai rencontré celui que toute femme aspire à trouver. Celui que toute femme convoite. Attend. Celui dont on est sûr que c'est Lui et que ce sera Lui et personne d'autre. Il y a un an. Un certain Lundi 5 Novembre 2007 je pris l'train de 6:30 en direction de Paris et de sa gare du Nord dans laquelle je descendrais de wagon 1h02 min précise plus tard. Avec en tête, cette idée de passer la journée avec ces amis. Eux. Ces cinq hommes qui sont à eux seuls toute une partie de votre vie. Le sourire au coin des lèvres de les revoir après tant de temps d'absence. D'en profiter un maximum tout au long de cette journée. Alors oui. C'est dans cet état d'esprit que j'ai pris le train ce matin là. Sans me douter un seul instant que je ne passerais pas la journée comme je l'avais prévu initialement. Et que je ne les reverrais pas l'moins du monde. Ni même qu'à peine arrivé à Paris, sur ce quai de la gare du Nord, ma vie basculerait à jamais.
Voila. Il est 7:30 dans quelques instants mon train va entre en gare de Paris Nord. J'ai l'coeur qui bat. Pourquoi ? Car je n'ai cessé durant tout le trajet de repenser à la conversation que j'avais eu avec lui la veille au soir sur msn. De sous-entendu en sous-entendu, il en était venu à me troubler et à me faire douter. Viendrait-il à ma rencontre ? Après tant de lettres échangées, quelques conversations msn. Oserait-il venir voir le vrai visage de cette inconnue qui prenait plaisir depuis des mois à lui écrire ? Le train s'arrête. La porte s'ouvre et je descends fébrilement sur ce quai. Nous ne sommes que début Novembre et pourtant, il fait déjà bien aussi froid que fin Décembre début Janvier. Le train se vide peu à peu et je me surprends à hésiter à suivre le mouvement. Le flux de voyageurs qui remonte le quai en direction de l'intérieur de la gare. La peur d'être déçue. Qu'il ne soit pas là. Qu'il ne soit pas venu. Que j'ai finalement mal compris. Peur de l'y voir. De remonter ce quai et de l'apercevoir à un moment donné. Comment réagir ? Que dire ? Que faire ? Face à un jeune homme que je n'ai jamais vu en dehors d'une fois sur deux photos. Tout un tas de questions qui sans m'en rendre compte me pousse à avancer vers l'avant. Vers l'inconnu. Et sans l'savoir vers Lui. Je n'peux décemment pas rester ainsi sur ce quai sans bouger et regarder les autres aller et venir. Alors à mon tour je remonte le quai. Regarde au loin. Si je n'vois pas son visage. Si je ne le reconnais pas. Mais non rien. Je continue sentant la déception me gagner lorsque soudain. Je l'aperçois. Oui c'est bien lui. Je n'ai pas de doute. Mon coeur s'emballe et je continue de marcher en regardant mes pieds. Je n'sais pas ce que je vais dire. Ou doit dire. Ni ce que je dois faire. Alors j'avance sans le regarder. Jusqu'au moment ou je l'entends déclencher son appareil en continue. Ca y est j'arrive à sa hauteur et sans savoir comment je relève les yeux machinalement. A ce moment précis j'ai l'impression que le temps s'arrête. Qu'il n'y a plus que Lui et moi dans cette gare. Sur ce quai de la voie numéro onze. J'ai les yeux plongés dans les siens. Tout la haut. Parce qu'il y a la surprise bien évidemment de le voir en "vrai". Parce que je n'l'imaginais pas si grand ! Mais je n'ai pas le temps de m'attarder sur sa taille. Il s'approche de moi, me passe la main dans le cou et vient m'embrasser sur les cheveux. Puis me sert contre lui. Comme si finalement nous nous connaissions depuis toujours. Comme si nous étions vendredi soir, et que comme dit, instauré dans nos lettres, nous nous retrouvions comme chaque vendredi soir sur Paris. J'ai l'coeur qui bat et peine à réaliser qu'il est bien là. Que tout ceci est bien réel. Car tellement espéré. Une fois nos esprits retrouvés et l'effervescence de cette première rencontre, de ce premier contact savouré. Nous décidons d'aller nous promener le temps d'une petite heure tout au plus. Car il savait par avance que je devais voir des amis et puis nous étions lundi, il devait travailler. Nous nous sommes donc aventurés dans les rues froides et encore bien calmes de Paris, à la recherche d'un petit coin. Et sommes tombés sur ce parc. Ce magnifique parc dont, un an après nous ignorons toujours le nom car introuvable ! Et à croire qu'il n'en possède pas. Quelques pas plus loin dans celui-ci nous nous asseyons sur ce banc glaciale. Et commençons timidement à délier des mots. Nous ne pouvons décrocher nos yeux l'un de l'autre. Ni même de séparer nos mains. Nous avons besoin de ce contact physique tant évoqué dans nos lettres. Puis les heures passent. Les discussions se succèdent et nous n'arrivons pas à nous résoudre à l'idée de devoir nous séparer. Mettre fin à ce moment si incroyable et merveilleux. Nous ne voyons qu'une seule solution. C'est ainsi que quelques coups de téléphone plus tard nous voila libre. Lui a posé sa journée, prévenu qu'ils ne le verraient pas au travail de toute la journée. Et moi, je les ai prévenu que finalement ils ne me verraient pas non plus de la journée. Voila nous étions libre. Libre comme l'air. Libre de profiter de cette journée qui s'offrait à nous. De ces moments qui allaient venir et marquer à jamais notre vie. Sceller le début de notre histoire. Etant incapable d'avaler quoi que ce soit, de peur de n'pas profiter de l'autre. Et après un long moment dans ce parc, nous décidâmes de reprendre notre excursion dans Paris en direction du Parc de la Villette. Dans lequel nous passerons une petite partie de l'après-midi. Encore et toujours lié l'un a l'autre. A rire. Parler. Se découvrir. Profiter. Mais vivre avant tout. Vivre l'instant présent. Et le bonheur qui s'offrait à nous. Le bonheur que le destin nous accordait. Puis nous repartîmes après un moment, un peu plus loin se poser sur une petite terrasse d'un café, au soleil. Le temps de boire ce café et de rire du prix exorbitant de celui-ci. Bienvenue à Paris ! Puis ayant passé presque toute la journée dehors, dans le froid, nous décidâmes de partir à la recherche d'un coin au chaud où nous pourrions être tranquille. Et optâmes donc pour le cinéma. C'est ainsi que quelques instants plus tard sans le savoir, nous revîmes sur nos pas, non loin de ce parc ou nous étions ce matin même et allâmes dans le cinéma qui se trouvait juste à côté. Ne sachant que choisir comme film, nous optâmes pour " Le coeur des hommes 2 ". Qui sans le savoir, n'était autre que le film qui nous correspondait parfaitement. Ces histoires ou l'un est trahi. L'autre trompe. L'un ne sait plus ou il en est. Etc. Et nous nous étions là. Tous deux, dans ces grands fauteuils rouge. Au chaud, devant ce film. A constater que finalement c'était une partie de notre histoire respective qui était retranscrit sur cet écran. Lui venait d'apprendre qu'il avait été trompé. Et moi je n'étais plus sur de ce que j'éprouvais pour la personne avec qui j'étais à ce moment là. Mais qu'importe si sur le coup, cela était triste, nous avons préférés en rire et profiter d'être ensemble au chaud. De continuer, même dans le noir à se dévorer des yeux. Sentir nos mains se chercher. Sentir ma douceur l'enivrer. Encore et toujours des moments inoubliables. Puis le film se termina. La nuit était tombée et l'heure de mon départ approchait. On regagna sans un mot la gare. Mais les mains liées. Qui se serraient fort l'une dans l'autre. Comme si c'était elles qui faisaient la conversation et se comprenaient. Une fois là-bas et l'horloge avisée. Il ne nous restait qu'une petite heure. Laquelle nous décidâmes de passer autour d'un dernier café, à profiter des derniers instants avec l'autre. D'emmagasiner le moindre détail. Le moindre souvenir. D'immortaliser la moindre image. Puis l'annonce de mon train arriva. Il était temps de rejoindre le quai. De rentrer chacun de notre côté. La séparation fut dur. Comment pouvait-on se résoudre à se quitter après une telle journée ? Comment pouvais-je me résigner à rentrer chez moi à Lille, en laissant cet homme, là; sur ce quai d'gare. En laissant l'homme de ma vie ? Je n'pouvais pas. Il ne pouvait pas. Et pourtant on l'a fait. Je l'ai fait. Mais c'était sans savoir. Sans prévoir, ce qu'il ferait cinq jours plus tard . . .