23:31_Le plus beau cadeau qu'il soit.

23:31_Le plus beau cadeau qu'il soit.
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10 Novembre 2007
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Je m'souviens être montée dans ce train. Mettre assise et surtout. Mettre effondrée. Il ne s'était pas retourné et je ne m'étais pas retournée non plus. Voilà. Alors c'était là le moment où le point final devait être posé. Où le mot Fin devait être écrit ? . . . Une heure plus tard je m'glissais sous ma couette. Dans le noir. Le c½ur serré et les joues encore mouillées. A m'demander si c'était ça; que l'on ressentait lorsqu'on laissait s'échapper l'homme qu'on croyait. Qui nous apparaissait et qui ne pouvait être rien d'autre que l'homme de notre vie ? La semaine se passa. Chacun de notre côté. Chacun dans sa ville. Chacun dans son milieu. Les jours se succédaient et le doute. Les questions. Les incertitudes se multipliaient. Il ne savait plus. Je n'savais plus. On n'savait plus. Pas quoi faire. Fallait-il en rester là ? Ne pas oublier cette journée. Mais ne pas non plus lui donner de suite ? Je n'savais plus. Ne savais plus si je l'aimais toujours et encore lui. Si je devais l'aimer. Ou tout simplement continuer de l'aimer. Je n'savais plus car je n'avais plus que Lui* en tête à présent. _ La semaine se passa donc et arriva le vendredi soir. Un certain vendredi 9 Novembre 2007. La décision était prise. Il est 21h et je le retrouve. Sans comprendre vraiment pourquoi ni comment, mes mots vont sortir dans un flux insoupçonné. Calme. Posé et raisonné. Ma bouche lui annonce que c'est fini. Que notre histoire doit à présent voir s'écrire le mot Fin. Des "Je suis désolée..." viennent s'immiscer dans mes mots. Ca y est vient la part du mensonge. Je n'peux pas lui dire la véritable raison. Lui dire que je le quitte pour Lui*. Car au fond. Ils ont beaux habiter tout deux à des centaines de kilomètres l'un de l'autre. Au fond. Ils se connaissent. Plus ou moins. L'histoire est compliquée. Et ne sera pas conter ici. Mais voila. La conversation se poursuit. Il ne dit trop rien. Alors je parle pour deux. Sentant que le ton change. Que son attitude aussi. Arrive le moment que je redoutais. Il ne tient plus. Ne supprote plus et s'en va. Sans un mots. Sans un au revoir. Rien. Il n'y a plus rien. Et il n'y aura plus rien. J'aurais beau continuer de mon côté. Pour lui je n'existerai plus. Il me l'avait dit. Et je le savais. Il ne voit la vie quand noir et blanc. Ne connait pas le gris. Alors ce soir là. Vendredi 9 Novembre 2007 je suis sortis de sa vie pour la deuxième fois. J'ai le c½ur serré et les larmes aux yeux. Car je sais que je n'y reviendrais pas. Plus jamais. J'ai écrit le mot Fin à notre histoire et lui. Il a brulé le livre. Jusqu'à la dernière cendre. J'ai les jambes qui tremblent. Je m'sens mal. Je m'apprête à partir quand il* arrive. En deux mots je lui explique ce qui s'est passé. Car je n'ai pas l'coeur ni l'envie de m'étendre sur le sujet. Ce qui vient de se passer et qui me semble tout droit sorti d'un film. Car je n'y crois pas. Ne réalise pas. Puis c'est à mon tour de m'en aller sans rien dire. Je n'tiens plus. Et à nouveaux ne sais plus. Mon lit m'attend. Comme un gouffre béant. Je m'y plonge sans retenue. Je me souviens avoir pleuré. Avoir regardé les heures défiler. Mais surtout. Avoir regretté. Le mal était fait. Je l'sentais. En moi. Mais surtout en lui. Je sentais qu'il avait mal et ça m'tuait à p'tits feux. Les questions se sont multipliées. Toutes celles avec un "pourquoi" pour commencement. Le doute est arrivé; accompagné des "et si..." et du fameux regret. Cette nuit là, je m'souviens m'être dit avoir fait la plus belle erreur de ma vie. Comment avais-je pu le quitter pour un homme de treize ans mon ainé dont je n'étais sur de rien ? Pas même des sentiments. Pas même d'un quelconque avenir commun. Je m'souviens avoir regardé les heures. Puis mettre endormie au petit matin. Le coeur en miette. L'estomac noué. Les joues trempées. Le visage inondé. Car c'est dans cet état que je m'suis réveillée. En début d'après-midi. Il est 14h environ. Je n'ai qu'une envie, lui parler. M'excuser. Revenir. Mais il n'est pas là. Plus là. Je dérive sans savoir où aller ni que faire véritablement, pour aboutir à ma boite mail. Espérant un quelconque signe. Aussi petit soit-il. Mais rien. Du moins pas de lui. Je découvre un mail de Lui* à la place. Je ne comprends pas. Il* me donne une adresse internet et me somme de m'y rendre. De clic en clic j'arrive sur cette page internet. Découvre ce blog. Ce blog qu'il a créé dans le plus grand secret. Sur lequel il retrace notre journée. Cette journée avec ses mots et ses photos. Je suis au plus mal cette après-midi là. Ne sais à nouveau plus en voyant cela. De page en page j'arrive à l'article le plus récent. Il date de ce matin même. Mes yeux lisent et ne réalisent pas ce qu'ils sont en train de lire. Il me dit qu'il ne sait pas si c'est la bonne solution, car je préfèrerais surement rester seule aujourd'hui. Mais tant pis. Il prend le risque. Il prend la route. Prend sa voiture et se tape plus de 250 bornes juste pour me voir. Ou ne pas me voir. Car il ne sait pas si j'aurais le mot à temps. Si je viendrais. Mais il s'en fiche. Même si je n'viens pas. Car ce qui l'importe c'est que je sache qu'il sera là. Près de moi. Parce qu'il dit qu'il y a des moments dans la vie que l'on ne peut pas louper. Et celui-ci en est un. Alors oui il sera là. . . Je tremble. Ne réalise pas. Il est 14h30 et il m'a donné rendez-vous à 15h. La-bas. Sur cette place. Dans ce magasin. Parce que c'est le seul qu'il connaisse ! Alors quelques instants plus tard je suis dans le tram. La mine déconfite. Le visage marqué par une nuit blanche. Les joues encore bien rouges. J'ai l'impression d'être perdue. Etrangère à tout. Complètement déconnectée. Quelques minutes plus tard je me retrouve à marcher dans ses rues. En direction de ce magasin. Entre. Monte les escaliers. Un. Puis deux. Trois. Il m'a dit qu'il serait là. A cet étage. Mais il n'y est pas. Je ne l'vois pas. Je sens les larmes me monter à nouveau. J'ai envie de pleurer. Là maintenant. Devant tout ces gens. De m'effondrer corps et âme sans aucune retenue. Leur montrer à quel point j'ai mal. A quel point ça n'va pas. A quel point je n'sais plus. . . Puis je relève la tête et l'aperçois. Au milieu de cette foule. Comme surgi de nulle part. Mon coeur s'arrête. Il s'approche. Me serre contre lui et je m'effondre. _ Quelques instants plus tard nous sommes dehors. Nous passerons ainsi l'après-midi à nous balader. Parler. Parce que j'ai besoin de parler et il le sait. J'ai besoin de réponses aussi. Besoin de repères. De retrouver la terre ferme et de n'plus être en train de couler au milieu de cette mer. La nuit tombe. Il doit être environ 17h. Et nous sommes toujours dans ses rues. Le sourire est revenu. Mon coeur se reconstitue. Et moi même; me sens "mieux". Nous allons dans cette petite boulangerie et je lui offre cette brioche. Si typique d'ici. Nous ressortons marcher. Il me remercie. Puis soudain s'arrête. Je m'retourne. Le regarde et en une fraction d'seconde suivante, il m'embrasse. Voilà sa réponse. La réponse à mes questions. Mes doutes. Mes incertitudes. J'ai du mal à réaliser. Tout s'est très vite enchainé et en si peu de temps. Si peu de jours. Mais ce baiser est arrivé. Nos mains se sont retrouvés. Et même s'il y en a eu d'autre après celui-ci. Jusqu'à ce qu'il reparte. Quelques heures plus tard. Après ce baiser là. C'est l'coeur serré. Les yeux qui commençaient à briller. Une pointe de sourire aux lèvres. Que finalement je m'suis dit que j'avais pris la plus belle décision en le quittant pour Lui*. Car a présent je savais. Et ne regrettais plus un seul instant. . .
Alors voila. Tout commençait là. Après ce moment où. Où je m'trouvais là devant ce pont. De l'autre côté de la barrière. Ne sachant s'il fallait sauter ou non. Puis il est arrivé. A enjambé celle-ci. M'a pris la main. Et nous avons sauté ensemble. Sauté de ce pont. Ce soir là. Un certain 10 Novembre 2007. Sans savoir ou cela nous mènerait. Si la raison de l'âge aurait raison de nous. Où si finalement, l'Amour serait plus fort que de simple chiffres sur une carte d'identité. Sans imaginer qu'un an après. Nos mains seraient toujours liés. Liés plus que jamais. Pour de belles années encore. . .

# Posté le lundi 10 novembre 2008 17:31

Modifié le mardi 11 novembre 2008 14:49

18:08_Le temps passe. Nous file entre les doigts. Il ne nous reste plus que les photos. Pour se souvenir des moments clef de notre vie. Du moment clef de Notre Histoire.

18:08_Le temps passe. Nous file entre les doigts. Il ne nous reste plus que les photos. Pour se souvenir des moments clef de notre vie. Du moment clef de Notre Histoire.
C'était il y a un an. Jour pour jour. Et pourtant j'ai comme l'impression que c'était hier. Je n'ai cessé de conter cette histoire à qui bon voudrait l'entendre. Et serais capable encore au jour d'aujourd'hui de la conter. Avec la même joie. Le même bonheur. La même passion. Fougue et surtout la même surprise. Pourquoi ? Parce qu'il y a un an. J'ai rencontré celui que toute femme aspire à trouver. Celui que toute femme convoite. Attend. Celui dont on est sûr que c'est Lui et que ce sera Lui et personne d'autre. Il y a un an. Un certain Lundi 5 Novembre 2007 je pris l'train de 6:30 en direction de Paris et de sa gare du Nord dans laquelle je descendrais de wagon 1h02 min précise plus tard. Avec en tête, cette idée de passer la journée avec ces amis. Eux. Ces cinq hommes qui sont à eux seuls toute une partie de votre vie. Le sourire au coin des lèvres de les revoir après tant de temps d'absence. D'en profiter un maximum tout au long de cette journée. Alors oui. C'est dans cet état d'esprit que j'ai pris le train ce matin là. Sans me douter un seul instant que je ne passerais pas la journée comme je l'avais prévu initialement. Et que je ne les reverrais pas l'moins du monde. Ni même qu'à peine arrivé à Paris, sur ce quai de la gare du Nord, ma vie basculerait à jamais.
Voila. Il est 7:30 dans quelques instants mon train va entre en gare de Paris Nord. J'ai l'coeur qui bat. Pourquoi ? Car je n'ai cessé durant tout le trajet de repenser à la conversation que j'avais eu avec lui la veille au soir sur msn. De sous-entendu en sous-entendu, il en était venu à me troubler et à me faire douter. Viendrait-il à ma rencontre ? Après tant de lettres échangées, quelques conversations msn. Oserait-il venir voir le vrai visage de cette inconnue qui prenait plaisir depuis des mois à lui écrire ? Le train s'arrête. La porte s'ouvre et je descends fébrilement sur ce quai. Nous ne sommes que début Novembre et pourtant, il fait déjà bien aussi froid que fin Décembre début Janvier. Le train se vide peu à peu et je me surprends à hésiter à suivre le mouvement. Le flux de voyageurs qui remonte le quai en direction de l'intérieur de la gare. La peur d'être déçue. Qu'il ne soit pas là. Qu'il ne soit pas venu. Que j'ai finalement mal compris. Peur de l'y voir. De remonter ce quai et de l'apercevoir à un moment donné. Comment réagir ? Que dire ? Que faire ? Face à un jeune homme que je n'ai jamais vu en dehors d'une fois sur deux photos. Tout un tas de questions qui sans m'en rendre compte me pousse à avancer vers l'avant. Vers l'inconnu. Et sans l'savoir vers Lui. Je n'peux décemment pas rester ainsi sur ce quai sans bouger et regarder les autres aller et venir. Alors à mon tour je remonte le quai. Regarde au loin. Si je n'vois pas son visage. Si je ne le reconnais pas. Mais non rien. Je continue sentant la déception me gagner lorsque soudain. Je l'aperçois. Oui c'est bien lui. Je n'ai pas de doute. Mon coeur s'emballe et je continue de marcher en regardant mes pieds. Je n'sais pas ce que je vais dire. Ou doit dire. Ni ce que je dois faire. Alors j'avance sans le regarder. Jusqu'au moment ou je l'entends déclencher son appareil en continue. Ca y est j'arrive à sa hauteur et sans savoir comment je relève les yeux machinalement. A ce moment précis j'ai l'impression que le temps s'arrête. Qu'il n'y a plus que Lui et moi dans cette gare. Sur ce quai de la voie numéro onze. J'ai les yeux plongés dans les siens. Tout la haut. Parce qu'il y a la surprise bien évidemment de le voir en "vrai". Parce que je n'l'imaginais pas si grand ! Mais je n'ai pas le temps de m'attarder sur sa taille. Il s'approche de moi, me passe la main dans le cou et vient m'embrasser sur les cheveux. Puis me sert contre lui. Comme si finalement nous nous connaissions depuis toujours. Comme si nous étions vendredi soir, et que comme dit, instauré dans nos lettres, nous nous retrouvions comme chaque vendredi soir sur Paris. J'ai l'coeur qui bat et peine à réaliser qu'il est bien là. Que tout ceci est bien réel. Car tellement espéré. Une fois nos esprits retrouvés et l'effervescence de cette première rencontre, de ce premier contact savouré. Nous décidons d'aller nous promener le temps d'une petite heure tout au plus. Car il savait par avance que je devais voir des amis et puis nous étions lundi, il devait travailler. Nous nous sommes donc aventurés dans les rues froides et encore bien calmes de Paris, à la recherche d'un petit coin. Et sommes tombés sur ce parc. Ce magnifique parc dont, un an après nous ignorons toujours le nom car introuvable ! Et à croire qu'il n'en possède pas. Quelques pas plus loin dans celui-ci nous nous asseyons sur ce banc glaciale. Et commençons timidement à délier des mots. Nous ne pouvons décrocher nos yeux l'un de l'autre. Ni même de séparer nos mains. Nous avons besoin de ce contact physique tant évoqué dans nos lettres. Puis les heures passent. Les discussions se succèdent et nous n'arrivons pas à nous résoudre à l'idée de devoir nous séparer. Mettre fin à ce moment si incroyable et merveilleux. Nous ne voyons qu'une seule solution. C'est ainsi que quelques coups de téléphone plus tard nous voila libre. Lui a posé sa journée, prévenu qu'ils ne le verraient pas au travail de toute la journée. Et moi, je les ai prévenu que finalement ils ne me verraient pas non plus de la journée. Voila nous étions libre. Libre comme l'air. Libre de profiter de cette journée qui s'offrait à nous. De ces moments qui allaient venir et marquer à jamais notre vie. Sceller le début de notre histoire. Etant incapable d'avaler quoi que ce soit, de peur de n'pas profiter de l'autre. Et après un long moment dans ce parc, nous décidâmes de reprendre notre excursion dans Paris en direction du Parc de la Villette. Dans lequel nous passerons une petite partie de l'après-midi. Encore et toujours lié l'un a l'autre. A rire. Parler. Se découvrir. Profiter. Mais vivre avant tout. Vivre l'instant présent. Et le bonheur qui s'offrait à nous. Le bonheur que le destin nous accordait. Puis nous repartîmes après un moment, un peu plus loin se poser sur une petite terrasse d'un café, au soleil. Le temps de boire ce café et de rire du prix exorbitant de celui-ci. Bienvenue à Paris ! Puis ayant passé presque toute la journée dehors, dans le froid, nous décidâmes de partir à la recherche d'un coin au chaud où nous pourrions être tranquille. Et optâmes donc pour le cinéma. C'est ainsi que quelques instants plus tard sans le savoir, nous revîmes sur nos pas, non loin de ce parc ou nous étions ce matin même et allâmes dans le cinéma qui se trouvait juste à côté. Ne sachant que choisir comme film, nous optâmes pour " Le coeur des hommes 2 ". Qui sans le savoir, n'était autre que le film qui nous correspondait parfaitement. Ces histoires ou l'un est trahi. L'autre trompe. L'un ne sait plus ou il en est. Etc. Et nous nous étions là. Tous deux, dans ces grands fauteuils rouge. Au chaud, devant ce film. A constater que finalement c'était une partie de notre histoire respective qui était retranscrit sur cet écran. Lui venait d'apprendre qu'il avait été trompé. Et moi je n'étais plus sur de ce que j'éprouvais pour la personne avec qui j'étais à ce moment là. Mais qu'importe si sur le coup, cela était triste, nous avons préférés en rire et profiter d'être ensemble au chaud. De continuer, même dans le noir à se dévorer des yeux. Sentir nos mains se chercher. Sentir ma douceur l'enivrer. Encore et toujours des moments inoubliables. Puis le film se termina. La nuit était tombée et l'heure de mon départ approchait. On regagna sans un mot la gare. Mais les mains liées. Qui se serraient fort l'une dans l'autre. Comme si c'était elles qui faisaient la conversation et se comprenaient. Une fois là-bas et l'horloge avisée. Il ne nous restait qu'une petite heure. Laquelle nous décidâmes de passer autour d'un dernier café, à profiter des derniers instants avec l'autre. D'emmagasiner le moindre détail. Le moindre souvenir. D'immortaliser la moindre image. Puis l'annonce de mon train arriva. Il était temps de rejoindre le quai. De rentrer chacun de notre côté. La séparation fut dur. Comment pouvait-on se résoudre à se quitter après une telle journée ? Comment pouvais-je me résigner à rentrer chez moi à Lille, en laissant cet homme, là; sur ce quai d'gare. En laissant l'homme de ma vie ? Je n'pouvais pas. Il ne pouvait pas. Et pourtant on l'a fait. Je l'ai fait. Mais c'était sans savoir. Sans prévoir, ce qu'il ferait cinq jours plus tard . . .

# Posté le mercredi 05 novembre 2008 12:48

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 14:50

15:15_Parce qu'il y a des mots qui y sont rattachés. Et qu'il faut extiper le moment venu.

15:15_Parce qu'il y a des mots qui y sont rattachés. Et qu'il faut extiper le moment venu.
Parce qu'il ne faut pas oublier. Que la douleur existe. Même lorsque l'on s'y prépare. Car finalement. On est jamais prêt pour l'affronter. Encore moins pour la supporter.
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Je n'y aurais passé qu'une journée. Une nuit et une matinée. Mais cela suffit amplement. Je me souviens encore de la sonnerie du réveil hier matin. Avec cette sensation si étrange qui l'accompagna. Une sensation assimilable à la peur. Oui la peur. Mais pourquoi maintenant ? Ce matin là ? Alors que je connaissais la date de l'intervention depuis un mois. Que cela faisait un mois que je m'disais que je n'avais pas peur justement. Parce qu'il n'y avait aucune raison d'avoir peur. Il m'avait très bien expliqué comment tout cela se passerait. Se déroulerait. J'avais compris. Oui bien compris. Dans les détails même. Les jours s'étaient écoulés. Les semaines s'étaient succédées et je n'y avais plus pensé. Jusqu'à ce matin là. Jusqu'à ce que je monte dans la voiture. Ma petite valise à la main. Avec lui.
Quelques instants plus tard nous voila arrivé. Le froid extérieur me glace sur place. S'engouffre dans les moindres recoins de ma grosse écharpe. Nous nous dirigeons vers ces portes vitrés. En direction de ce hall. Silencieux en cette heure bien matinale. Le dossier récupéré nous nous asseyons. Attendons qu'elle arrive. Parce qu'elle doit venir me chercher. Nous chercher. Parce qu'il a dit qu'il ne partirait pas tout de suite. Qu'il resterait. Parce qu'au fond il voit bien que ca n'va pas. Que j'angoisse. Et que je n'ai aucune envie de rester seule. Ca y est là voila. Un sourire au coin des lèvres pour tenter de faire disparaitre mon angoisse perceptible à des kilomètres. Nous la suivons. Longeons ce long couloir avant d'arriver devant cette grande porte verte. Voila. Nous y sommes. Chambre 28. Quelques tours de clef dans la serrure et nous voila de l'autre côté. La surprise est absente. Ce n'est qu'une chambre banale parmi tant d'autre dans l'hôpital. Je m'installe. Pose ma petite valise non loin de cette table. Il allume la télé et je m'assoie sur le lit. Attendant encore une fois. L'attendant. Elle doit revenir. Elle l'a dit. M'a promis de revenir me dire tout. Les détails. L'heure. Justement. La voila qui revient. Ce gros classeur. Cette blouse bleu et ce flacon rouge à la main. Je bloque sur le flacon et ne le lâcherais pas lorsqu'elle m'apprendra qu'il me faudra me laver toute entière cheveux compris avant l'opération. Une fois la tension et la température prisent elle repart. Me dit que le médecin devrait passer mais peut être pas l'anesthésiste. Qu'importe au fond. Du moment que je vois l'un des deux cela me suffit. Quelques heures plus tard il s'en va. Il doit y aller, le travail l'appelle. Je comprends et ne dis rien. Car il m'a promit de revenir en début d'après-midi avant que je n'parte au bloc.
Me voila donc ainsi à affronter ce que je redoutais le plus. La solitude. Me retrouver seule dans cette chambre. J'allume la télé pour donner un peu de vie. Mais l'éteins aussi rapidement. Je n'ai aucun gout à la regarder. Je préfère encore aller m'installer face à cette table devant la fenêtre et travailler. Me concentrer sur quelque chose extérieur à cet hôpital. Quelques instants plus tard le voila. Se soucie de mon état actuel. De l'évolution des choses depuis la dernière fois que l'on s'est vu. Il y a un mois. Je ne lui répond que par des affirmatives. Car il n'y a qu'une chose que je veux savoir. L'heure. L'heure de passage. Je n'attends que cela. Passer pour que tout soit finit. Mais il est désolé. Il ne l'sait pas. Je devrais m'contenter d'attendre. Attendre que le brancardier vienne me chercher. Alors machinalement j'affirme de la tête et le remercie. Il repart et elle revient. Me dit de me tenir prête pour 13h. Ne sachant pas à quelle heure je passe. Cela pouvant être 14h comme 17h. Mieux vaut être prête. Prête. Je n'le suis pas. Absolument pas dans ma tête. Et pourtant quand 13h arrive, je l'suis. J'ai pris la douche. Me suis lavée avec ce liquide rouge que mon père m'avait décris comme devant être jaune-orangé. Lorsque je ressors de celle-ci, il est là. Dans le fauteuil. Cela m'apaise de le revoir. Et vient me glisser sous les draps. Devant la télé. Avec lui à mes cotés. Nous attendons. Les heures défilent. Je commence à avoir de plus en plus faim. Mais je n'ai pas l'droit de manger. Je n'ai plus rien dans le ventre depuis 7h30 du matin et cela se ressent de plus en plus. La fatigue se fait sentir elle aussi. Mes yeux commencent à se fermer. L'attente m'est de plus en plus difficile. 16h. Il doit y retourner. Je comprends mais n'ai pas envie d'accepter comme ce matin. Je suis bien trop mal pour rester à nouveau seule. Mais il se lève et au même moment la porte s'ouvre. Ils sont là. Ca y est c'est l'heure. Je m'sens soulagée à la fois de savoir que je n'resterais pas prostrée dans l'attente encore des heures mais me sens au plus mal. Car ça y est. C'est l'heure. Il m'aide à changer de lit. Je l'regarde incrédule. La porte se referme et j'entends mon père s'éloigner au loin. A l'opposer de moi. Pendant que mes yeux ne lâchent pas cet homme. Ce jeune homme plutôt. Ce brancardier pas comme les autres. Mes yeux fixent ses nombreux tatouages visibles sur ses bras à travers les manches courtes de sa blouse bleu foncé. Tente de discerner ce que cela représente. Mais n'y parvient pas. Il y en a trop. Et puis la lumière du plafond me fait mal au yeux. Il va vite. Et me décide à fixer le plafond pour ne pas sentir la crise d'angoisse me gagner. Il s'arrête. Me laisse contre ce mur. Juste à l'entrée du bloc. Le coeur serré. Les larmes aux bords des yeux. J'observe. Le va-et-vient de ces infirmières qui au passage me demande comment je vais. Je l'vois lui aussi. Il est toujours là bas. Avec deux collègues. L'un d'eux s'approche et je découvre tout aussi incrédule des dessins sur ses bras. Ce n'sont pas les même. Mais cela me marque. Oui je m'souviens bien plus des tatouages de ces brancardiers plutôt que de ce que m'a dit l'anesthésiste en venant me mettre la perfusion. Puis il y a l'attente. Encore. Bien trop longue. Je m'efforce de regarder le plafond pour ne penser à rien d'autre. Mais voila. Le bruit vient prendre le dessus. Mes yeux dérivent et soudain atterrissent sur ce que j'aurais aimé ne jamais voir. Je ne regarde plus. Ne le regarde plus. Mais c'est trop tard. Il vient me chercher et m'amène au bloc. Mais je n'suis déjà plus là. J'ai cette image imprégnée dans ma tête qui me traumatise et m'angoisse. Il me porte sur la table et je n'réagis pas. Je n'peux pas. Je l'revois sortir du bloc. Dans cet état. J'ai peur. Je sens mon coeur s'emballer. Il me prend le bras gauche et la main dans laquelle est insérée la perf. Me l'étant sur cette plaque d'acier froide. Quand au même moment elle me pose le masque sur la bouche avec ce long tuyau. J'ai peur. J'ai envie de pleurer. Je les sens juste là aux bords des yeux. Mais c'est trop tard. Tout est finit. Il a injecté l'produit avant même que je ne le regarde. Et je m'suis endormie sans même avoir le souvenir d'avoir fermer les yeux.
Une heure et demie plus tard j'ouvre les yeux. Je sais où je suis. Parce que ce n'est pas la première fois que je m'y retrouve. Je sais qu'on y passe tous. Et ce n'est pas cela qui m'effraie. Ni qui a déclenché cette crise post-bloc. Cette crise de spasmes. Non c'est le contre coup de l'opération. J'ai exprimé au réveil ce que je n'ai pas pu exprimé juste avant l'injection. La peur et l'angoisse qu'il se passe ce qu'il s'était passé il y a trois ans. Bientôt quatre. Celles-ci n'ayant pu s'exprimer avant. Elles se sont exprimer après. Ce qui ne fut pas une bonne chose, vu l'état dans lequel je me trouvais. Mais ce fut incontrôlable. Je ne put le contrôler et ils ne purent que regarder. Attendre et me garder plus longtemps que prévu. Une fois calmée. Mes esprits plus ou moins retrouvés. Je me suis mise à la recherche de repère. J'ai tourné les yeux et ai vu cette grand-mère non loin de moi qui semblait être encore plus mal que moi et bien loin du réveil. Puis elles sont venu vers moi et avant même que je n'ai eu le temps d'ouvrir la bouche, il est revenu. Avec ce même sourire et ces même tatouages. Et m'a emmener loin de là. M'a remmener parcourir ce même long couloir à la lumière aveuglante. Avant de me porter a nouveau pour me remettre dans mon lit d'où il m'avait pris deux heures plus tôt. Puis il est reparti et quelques instants plus tard, c'est lui qui est revenu. Avec elle. Il m'avait laissé pour aller la chercher à la gare. Ils sont entrés doucement, se sont approchés près de moi. Et je m'suis effondrée dans leurs bras. Ils ont cru que j'avais mal. Que la douleur se déclenchait. Mais ce n'était pas l'cas. Non. C'était à nouveau la peur et l'angoisse qui s'exprimaient. Même si tout était finit. Puis ils sont restés jusqu'au soir. Jusqu'au moment de partir. Elle m'a alors proposé de rester là. Toute la nuit durant. Mais j'ai refusé. Pensant que ca irait et que ce ne serait pas nécessaire. Mais finalement ça l'aurait été. Une fois partis. Je m'suis retrouvée à nouveau seule. Plongée dans la solitude de cette chambre. Devant cette télé. A pleurer. D'être ainsi. De me trouver ainsi même si tout était finit. Heureusement qu'il était là Lui, avec ses messages. Puis quelques autres aussi. La nuit se passa. Mouvementée et avec peu d'heures de sommeil. Rythmée par le va-et-vient des infirmières de nuit. Toutes les trois heures. Puis le jour s'est levé. Elles sont passés une dernière fois à 6h30 et je n'me suis alors plus rendormie. Ai juste attendue qu'elle arrive. Que ma mère revienne à 7h30 pour enfin ne plus être seule et pour que quelques heures plus tard, pouvoir enfin rentrer à la maison avec eux. Et oublier cette journée. Cette nuit et cette matinée.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 09:19

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:29

11:33_ Paris et ton Faubourg

11:33_ Paris et ton Faubourg
Et voila où nous en sommes aujourd'hui. M-9 . J-5 et J-10 et H- . . . rien du tout. Puisqu'à l'heure qu'il est. Je l'entends dans la cuisine, préparant nos deux tasses de café chaud.
Paris et mon Amour.

# Posté le vendredi 31 octobre 2008 06:38

Modifié le dimanche 02 novembre 2008 15:26

20:29_Le coeur serré de claquer cette porte tout en sachant qu'on est pas du bon côté.

20:29_Le coeur serré de claquer cette porte tout en sachant qu'on est pas du bon côté.
C'est comme une chanson. Au refrain qui ne revient que sans cesse. Comme une marré qui ne monte et descend qu'inlassablement. Comme une routine qui n'en est pas une. Une connaissance qu'on voudrait pourtant nous être inconnue. Un soir sans lendemain. Un dimanche sans lundi matin. Parce que c'est ça aussi d'Aimer. Accepter de voir. Regarder. Laisser l'autre partir. S'en aller. La larme à l'oeil et une esquisse de sourire. De se souvenir qu'il y aura quand même eu deux jours et deux nuits. De s'dire qu'il y aura neuf jours et huit nuits la prochaine fois. Et qu'finalement. Une semaine. Ce n'est pas si long à attendre. Pour autant. Alors j'ai claqué cette porte. Puis traversé. Et sans m'retourner je t'ai écouté filer dans cette nuit noire jusqu'au bout de cette rue. Et de toutes celles à venir. En direction de chez Nous.

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 14:41