22:43_Dechirons la page. Puis recopions la.

22:43_Dechirons la page. Puis recopions la.
On en parlera. -Ou pas-. Et on le vivra

C'était il y a trois ans. Non pas jour pour jour. Mais il y a trois ans. Oui. Un souvenir intact. Comme au premier jour. Au premier regard. Un souvenir intact car remémoré à chaque instant.Chaque jour. A chaque ouverture. Fermeture de rideau. C'était il y a trois ans. Je venais tout juste de prendre place. Possession de ce carré à la blancheur éclatante. Au parquet usé et grinçant. Aux armoires démesurées. Laissant tout juste la place à cette cheminé de s'exprimer. A ce miroir la surplombant de s'affirmer. Un lit en fer s'est invité. Puis des cartons blancs se sont mis à pousser de ça et là. On se serait cru au printemps. Un carré blanc où la lumière était reine. S'invitait nuit et jour. Sans volets. Les rideaux s'imposèrent comme une évidence. Une fois la scène en place. Le mécanisme se mis naturellement en marche. Un beau matin, ils s'ouvrirent. Et je découvris, sous mes yeux ébahis d'admiration, ce que sans savoir ni imaginer; j'allais suivre comme l'évolution d'une saison durant trois années à venir. Mes yeux glissèrent en diagonale et fixèrent ce qui se traduisait pour eux comme la pureté surprenante du mystère et de l'invitation à la délivrance. Se dessinait à eux un autre carré blanc. Plus grand. Plus impressionnant. Plus envoutant. Un délabrement dont sortaient de terre deux murs blancs grisonnant par le temps, qui se faisaient face comme deux guerriers avant la bataille. Sûr d'eux. Ancrés dans leur position. Prêts à ne pas céder devant l'autre. Soutenant ces deux autres murs qui les reliaient. Ces fragiles pans aux immenses et incommensurables vitres. Saccagées par le temps et la vie. Mais survivant. Tenant malgré tout debout. Un carré blanc dont la beauté saccagée m'invitait à chaque instant. Chaque regard. Combien de fois ai-je ouvert ces rideaux et me suis sentie comme happée par ce carré blanc. Cet inconnu venu d'ailleurs. Sortant de nulle part. Un élixir de délivrance servi sur un plateau d'argent. Une bouffée d'air frais. La sensation de faire corps en ce lieu mystérieux. Une défenestration répétée chaque jour. Comme un besoin vital. Un rite. Une défenestration nécessaire envers ce semblable. Cette issue de secours à la vie. Au temps et au réel. Combien de fois me suis-je vu fouler son sol de béton dépouillé. Amoché. Prendre des photos. Imaginer qui mettre en scène dans cet apaisant stress. La joie de ne partager cet ailleurs avec quiconque qu'avec corps et âme. Puis les rideaux se sont refermés. La lumière a disparu derrière ceux-ci. Le film s'est arrêté de tourner. Les heures se sont succédées dans l'innocence de l'insouciance. Puis les rideaux se sont ouverts et le gouffre est alors apparu. L'insouciance d'imaginer pouvoir être découverte. Mise à nu. De voir son entre occupée. J'ai vu ces hommes en costume me fouler. Me piétiner. Gratter par-ci par-là des parties de mon intérieur. Sourire. Rire. A m'en nouer le ventre. Ouvrir et fermer à volonté ces vitres. A m'en provoquer des courants d'airs frissonnant. Puis je les ai senti me regarder d'en bas. Lever les yeux vers ma gorge nouée. Parler. Discuter. Gesticuler à m'en faire mal. La douleur était trop vive. J'ai fermé les yeux et me suis enfuie. Le soir venu, je suis revenue. La lumière naturelle était partie. Les engloutissant avec elle. Seule la lumière artificielle était présente. Présente à me ramener dans le calme de mon entre. Le temps d'une soirée. D'une ultime défenestration. en quête de sérénité. Puis les rideaux se sont fermés. La nuit s'est passée. Le jour s'est levé et le bruit est apparu. Les rideaux se sont ouverts. Et la réalité a frappé. La vérité m'a aveuglé. Ce n'était plus ces hommes en costume qui me foulaient. Me piétinaient corps et âme. Mais des hommes en blouses. Blanches. Bleues. Peu importe. Je comprenais au fil de la destruction. Des coups de marteaux de mon intérieur. Que tout s'achevait là. La découverte avait eu lieu. Le point de la fin approchait. Sans un bruit ni mot ni gémissement ni pleur. Je m'suis laissé faire. Les ai regardés me détruire. Sans penser un seul instant à la pierre clef qu'ils poseraient en remplacement. Au coup d'électrochoc qu'ils provoqueraient en faisant basculer la vie futur qui m'attendrait. Je les ai alors regardés. Epiés. Observés. Chaque matin. Chaque midi. Chaque fin d'après-midi. S'affairer dans le délabrement de ce qui me tenait d'intériorité. Puis ce jour est arrivé. La fin. Un beau matin les rideaux se sont ouverts et il n'y avait plus rien. Alors tout s'arrêtait là ? Ainsi après presque un an ? Il y a eu la déception des premiers jours. Puis la surprise. De ce nouveau matin. De cette nouvelle ouverture de rideau. La vue de cet homme et de cette femme. Ce couple. Prendre possession de ce carré blanc. De leur nouveau chez eux. Alors la joie des premiers jours. De les voir si heureux. Epanouis dans ce délabrement devenu loft en duplex. Les semaines. Les mois se sont succédés. Les ouvertures et fermetures de rideaux aussi. Même si elles n'avaient plus la même saveur. Signification. Les semaines. Les mois se sont succédés et j'ai vu son ventre grossir petit à petit. Sous mes yeux remplis d'admiration et d'envie. La deuxième année à peine entamée. Un beau jour je l'ai vu dans ses bras. Il était si petit. Ils étaient si heureux. Si comblés tout les trois. Puis les mois se sont écoulés à nouveau. La troisième année s'est entamée et continue de se dérouler. Sous le regard de l'évolution de ce p'tit bout d'chou. Et puis l'interrogation, la suspicion de ce demander si son ventre ne grossirait-il pas une deuxième fois ? Les prochains mois le diront. Et si tel est le cas alors personne ne le verra. Pas même moi. Qui ne serait plus là. A ouvrir mes rideaux chaque matin. A les fermer chaque soir en les regardant. Regardant ce loft. Ce couple. Ce concentré de bonheur. Avec envie et admiration. Le sourire aux coins des lèvres de se dire que dans quelques mois la roue tournera. Le ticket gagnant sortira et se sera son tour. Que mes cartons et mes affaires prendront place dans cet appartement. Son appartement. Notre appartement. Cette impatience si pesante à ce que ce jour arrive. Pouvoir enfin vivre comme ce couple que j'admire à longueur de journée. Et savoir et non se dire. Oui savoir. Savoir que dans quelques années. Se sera mon ventre que je verrais. Regarderais grossir. Alors je repenserais à elle. A ce bonheur et cette admiration que ce couple, sans le savoir aura fait naitre en moi.

# Posté le vendredi 10 octobre 2008 16:44

Modifié le dimanche 12 octobre 2008 09:06

14:33_Des brides d'articles. De phrases. De mots. Par-ci par-là. Attendant le moment venu. D'être complété. Comme il leur est du.

14:33_Des brides d'articles. De phrases. De mots. Par-ci par-là. Attendant le moment venu. D'être complété. Comme il leur est du.
.


Parce que s'il n'y avait qu'une
chose à retenir de ce week end.

Parce que je ne retiens. Et ne
retiendrais que cela. Je l'sais.

Il le sait. Et surement mieux que personne. Que cet Art et moi ne

faisons qu'un. Un et un seul. Alors lorsque Lui entre en scène. Ce

n'est que moment de bonheur et d'extase à l'état pur. On s'en

souvient. Et on s'en souviendra. Paris. Vingt heures. La surprise.

Deux places. Dans l'une des mains. Dans l'autre l'homme de sa
vie. Lui. Moi. Nous et ce petit café théâtre. Si Parisien. Une petite

heure en compagnie de ces trois hommes. Coupé de l'air

parisien pour rire a s'en donner mal au ventre.

# Posté le lundi 06 octobre 2008 08:41

17:13_Environ 120 heures non-stop en perspectives. Ca fait rêver. Et on en rêvera le moment venu. En le savourant avec délectation et plaisir.

17:13_Environ 120 heures non-stop en perspectives. Ca fait rêver. Et on en rêvera le moment venu. En le savourant avec délectation et plaisir.
.
Pour l'un le vase se remplit. Pour l'autre. Le manque de l'être aimé se fait ressentir. De plus en plus. Puis finalement. Le contenu rejoint le contenant. Au bout du compte. Tous les chemins finissent par se retrouver. Hasard ou non.

# Posté le dimanche 28 septembre 2008 11:17

14:18_TGV numéro 7005 de Paris Nord à 6h58. A destination de Lille Flandres à 8h.

14:18_TGV numéro 7005 de Paris Nord à 6h58. A destination de Lille Flandres à 8h.
Parce que c'est ça le vrai bonheur. Regarder s'éveiller l'être aimé à vos côtés. Sans en perdre une miette. Ne pas vouloir l'quitter des yeux. Ne pas vouloir l'quitter tout court en fait. Se dire qu'on est jeune&con. Et surtout fou amoureux. Se prendre par la main et jouer avec le destin. Attraper c'billet d'train et l'repousser au lendemain. Ne plus détester les dimanches mais apprendre à les aimer. Ne plus s'endormir seul . Chacun de notre côté. Chacun dans sa ville. Mais bel et bien ensemble. Dans la même ville. Puis entendre le réveil sonner. A cinq heure. Parce qu'à cinq heure Paris s'éveille. L'entendre avec le sourire. Et sentir là main de l'autre qui cherche là votre. Tentant de réaliser que tout ça est bien vrai. Que nous sommes bien lundi matin et que nous sommes encore ensemble. Pour une fois. Puis s'réveiller. S'préparer. Pour attaquer cette fraicheur glaciale et bien matinale. Les mains liées comme deux glaçons collés. A attendre sur c'quai d'gare. Que le RER daigne arriver. Pour nous engloutir sur ses sièges bleus et rouges. Pour une demi heure plus tard nous recracher sur c'quai d'gare. Gare du Nord. Où j'ai envie d'dire. Où le commencement de notre histoire, est inscrite dans la pierre même de ces murs. Frôler ce sol si remplit d'souvenirs. Puis s'dire au revoir. Avec le sourire. Avec le sourire d'avoir réussi à s'offrir un bonus de bonheur. Parce que c'est ça le vrai bonheur.

# Posté le lundi 15 septembre 2008 08:19

12:55_ Et je me retrouve à errer. Au détour de ces couloirs. Ces pièces. Ces escaliers. A la recherche de l'être aimé.

12:55_ Et je me retrouve à errer. Au détour de ces couloirs. Ces pièces. Ces escaliers. A la recherche de l'être aimé.
.
Les mots ne viennent pas. Sont au abonné absent. Ne répondent pas. Car en réalité. Il n'y en a pas besoin. Nous sommes là. Prostré dans le noir. Le silence et l'attente. Comme dans ce film. The Death Row. Car finalement. Une fois la sonnerie retenti. Celle-ci annoncera le décompte final. Jusqu'à ce jour. Ce jour ou nous enterrerons cette dernière année. Cette dernière année de lycée avant l'incconu.

# Posté le lundi 01 septembre 2008 07:10

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 12:00