Et il y a ce rêve qui revient sans cesse. Comme s'il n'était que le seul. Comme s'il avait englouti les autres. Comme si. Comme si à présent. Je n'pouvais rêver que de lui. A lui. Comme si je n'vivais plus qu'à travers lui. Ce rêve. Celui là même auquel j'aspire tant. La nuit tombe. Je m'engouffre sous ma couette. Mes yeux se ferment et voila. Tout s'enchaine. Je les rouvre là-bas. Uniquement dans ce rêve. Mes mains frôlent ces murs blancs. Mes yeux se perdent dans les moulures du plafond. Le grincement de mes pieds nus sur le parquet résonne dans toutes les pièces. Dans l'appartement tout entier. Oui. Je m'trouve dans mon appartement. Un appartement vide. Plus ou moins en fait. Il y a des tonnes de livres un peu partout dans celui-ci. A même le sol. Qui s'empilent. S'empilent encore et encore. Mes pieds me mènent à la cuisine. Jusqu'à cette table en fer. Au plateau de petits carreaux de mosaïques. De toutes les couleurs. L'explosion de couleur. De vie de l'appartement à lui seul. Je m'assoie au devant de celle-ci. Attrape d'une main la tasse qui fume et qui s'y trouve posé ça et là. A côté de ce stylo noir et de ce gros paquet de feuille. Dont plus de la moitié sont écrites. Attendant là. Sagement. Que la fin des autres arrive. Pour enfin trouver sommeil dans une grosse enveloppe brune. Avant d'attérir sur un grand bureau de bois d'un homme haut placé qui se donnera le temps de les lire et qui. Peut être aura le temps et surtout l'envie de les faire connaitre à la France entière. L'envie de les publier. Qui sait. La fenêtre est entre ouverte. Je sens une bourrasque de vent venir se nicher au creux de mes cheveux. Tout en sentant paradoxalement les rayons du soleil déjà bien réveillé, venir se déverser sur mes épaules et mon buste tout entier. Mes yeux s'accordent en timing avec mes lèvres. Ils se ferment et un sourire apparait. Sourire d'abandon. Sourire clef. Offrant l'autorisation d'accès au bonheur du moment présent. De venir faire son boulot. Me submerger. La clef s'enfonce. Tourne dans la serrure et mon sourire grandit. L'agitation se fait sentir au dehors. Les klaxons résonnent. Les moteurs vrombissent. Il est sept heures. Paris s'éveille. Une dernière bouffée d'air parisien. Bouffée de vie. Et je m'en vais. -malheureusement- Bien loin de cela. Dans le monde réel. Ou se mêle malgré tout rêve et réalité. La réalité reprend l'dessus. La sonnette retentit. Mes yeux s'ouvrent. Les escaliers grincent sous le poids de mes pas. J'aperçois une ombre derrière la vitre opaque de la porte d'entrée. A travers les grilles. La clef tourne dans la serrure. Mon sourire se dessine. Ma main sur la poignet. J'ouvre la porte. Mon sourire s'agrandit à la vue de ce visage. Son visage. Il est là. Devant ma porte. Son sourire au lèvres et sa grosse valise d'une main. Taille synonyme du temps qu'il restera. Soit. Jusqu'à la fin. Mon coeur s'emballe et mon sourire explose. Ca y est. Les vacances commencent. =)